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Le mur peint dans lHistoire
une
fresque du mur peint, rapidement brossée
..
LHistoire nous montre que la pratique
du mur peint est intemporelle et universelle.
Mais que recouvre ce mode dexpression ?
Comment a-t-il
évolué ?
Quel sens prendt-il
selon les civilisations, les époques ? Quelles sont ses
dimensions utilitaires ?
Quelle peut être sa dimension artistique ?
A qui sadresse-t-il
et dans quels buts ?
Lhistoire du mur peint est une vaste fresque, quaucun
livre à ce jour na encore
brossée dans son ensemble. Voici quelques repères,
non exhaustifs et parcellaires,
un début déclairage sur ces questions
Préhistoire
: « Peintre : le plus vieux métier du monde ? »
La peinture commence
avec les premières organisations sociales de l'homme.
L'action de déposer des couleurs sur une surface stable,
et d'intervenir dans la distribution de ces couleurs, marque
la naissance du phénomène artistique. Les sociétés
préhistoriques utilisent des argiles de différentes
couleurs, des cendres d'os, des pigments végétaux
associés à de l'eau et à de la graisse.
Tout au fond dune
grotte, lhomme, debout, applique la paume de sa main contre
la paroi
rocheuse, ses cinq doigts bien écartés, comme pour
en prendre possession. La lueur incertaine
de sa torche fait danser son ombre au-dessus de lui. Ses narines
exhalent une buée
épaisse dans lair glacé et sa bouche achève
de malaxer un mélange deau, de terre ocre
et de charbon.
Soudain, il tend son visage vers sa main, pince les lèvres
et crache en pluie fine sa salive
colorée. Puis retire sa main.
Depuis 27 000 ans, cette main noire, dite « en négatif
», orne la grotte Cosquer, parmi des
dizaines dautres, occupant toutes les surfaces disponibles,
parfois jusquà quatre mètres
de hauteur.
Cest la plus ancienne peinture au monde ayant fait lobjet
dun datage au
carbone 14. Elle illustre ce que Jean Clottes, missionné
par le ministère de la Culture en
1991 pour une étude scientifique de cette grotte, appelle
la phase I.
°
Quelque 10 000 ans
plus tard (18 000 à 19 000 ans BP), dautres hommes
redécouvrent
cette grotte et ses empreintes de mains.
Ils tentent den effacer certaines, den strier dautres,
de les rayer au silex, et les recouvrent
dautres motifs peints : un incroyable bestiaire du paléolithique
vient simmiscer partout où
ces hommes peuvent se dresser, se glisser, grimper.
Charbon et ocres dessinent, au pinceau cette fois, des chevaux,
des rennes, chamois, bouquetins,
bisons, cerfs, aurochs, et même des poissons, des pingouins,
des phoques
Ici comme à Lascaux ou à Chauvet, et comme dans
nombre des 300 grottes étudiées à ce
jour, de lOural au sud de lEspagne, linnovation
est multiple : le trait de dessin, le plein de
la couleur, la perspective latérale et/ou courbée,
le plein et le délié, la volonté dinsuffler
lidée de mouvement par la position de lanimal
ou la répétition du motif en décalés,
le
principe de la frise, lutilisation des accidents de la
roche comme bas-relief, le symbole
(points, traits, rectangles colorés
), et même
la narration (avec par exemple, « lHomme
tué » de la grotte Cosquer, ou « lHomme
blessé » de Lascaux, étendu au pied dun
bison
dont les entrailles pendent, percé par une flèche
)
Bien plus encore, au-delà de la représentation
graphique, naturaliste, dun bestiaire inspiré
de la réalité, ces hommes imaginent des animaux
hybrides, des humains à tête animale,
sans compter dinnombrables signes, signifiants ou
pas, en tous cas indéchiffrables à
nos yeux.
Si lon se doit de sattarder quelque peu sur cette
période préhistorique dans le cadre dune
réflexion sur les murs peints, cest que les plus
anciennes traces volontairement laissées
par lêtre humain que nous ayons découvertes
sont ces peintures pariétales.
Avant cela, seuls des témoins accidentels nous viennent
de nos lointains ancêtres : principalement
des ossements fossilisés et des morceaux doutils
tels des silex taillés, du
Néolithique au Paléolithique inférieur.
La découverte de ces grottes ornées soulève
bien entendu une infinité de questions. Celle
qui peut nous intéresser ici est, ni plus ni moins, la
question de la « Naissance de lArt ».
La main négative et toutes ses déclinaisons (autres
couleurs, mains aux doigts plus ou
moins repliés, mains « positives »
)
peuvent sans doute sapparenter à des traces
(comme en laissent les animaux), au mieux à des «
signatures » destinées à sapproprier
symboliquement le site. (Elles deviendraient alors les ancêtres
des tags de nos villes con -
temporaines !).
Les motifs de ce type, ne témoignent peut-être pas
dautre chose que dinventions de techniques
graphiques. Dans ce cas, il semble impropre de parler dart
: aussi émouvante soit
leur découverte 30 000 ans plus tard, ces peintures seraient
alors « simplement » une
forme de trace plus sophistiquée que lempreinte
naturelle dun pied dans la boue, que le
tracé digital dun doigt dans la glaise, que les
stries verticales du silex dans la roche, tous
types de traces fréquentes dans les grottes préhistoriques
ornées.
En cela, les techniques inventées rejoignent les précédentes
tels les silex taillés, la lance
ou la flèche, prolongements de la main pour améliorer
les conditions de chasse, de pêche,
de survie. Lacte semble ne pas dépasser la finalité
utilitaire, quil sagisse de marquage
de territoire de rite magico-religieux ou de toute autre fonction.
De tout temps et dans le monde entier, ce geste a existé
et existe encore. Des grottes de
Las Manos en Amérique centrale, aux mains de bienvenue
peintes par les Warlis du
Maharastra indien, des décors ton sur ton des actuelles
maisons de torchis du Nord ivoirien
aux empreintes de mains des stars hollywoodiennes laissées
sur Sunset Boulevard
,
sans oublier nos propres mains, les premières «
peintures » de tous les enfants de maternelle du monde
Elles ne sont que la trace directe de la réalité.
Elles ne relèvent pas dun acte dinterprétation
du réel.
Tout autre est
la portée des peintures animalières qui apparaissent
quelque 10 000 ans
plus tard. Là, les hommes de lâge du Renne
(Laurignacien selon lAbbé Breuil) réalisent
une interprétation du monde qui les entoure, posent un
regard analytique sur les animaux
qui peuplent leur espace de vie et traduisent ces images selon
des codes graphiques quils inventent.
Leurs interprétations
et leurs restitutions sont si justes que 20 000 ans plus tard,
nos contemporains, même néophytes en matière
de peinture pariétale, distinguent instantanément,
pour peu que les peintures soient bien conservées, le
bison, le cheval, le chamois, le renne
On ne sait, et ne saura peut-être jamais, le « pourquoi
» des ces peintures qui, pourtant
réclamaient des efforts de la part du peintre (avant le
plaisir éventuel quil pouvait tirer du
fait de ses réalisations) : effort physique pour sélever
à 3 ou 4 mètres du sol parfois, sans
doute porté par dautres ; effort physique pour graver,
pour malaxer les pigments, effort
physique pour pénétrer au plus profond des moindres
recoins de grottes sombres et potentiellement
dangereuses, effort intellectuel pour créer de toutes
pièces un « langage » plastique
Tant defforts ne peuvent t-ils sadmettre que sils
tendent vers un but, remplissent un
besoin, une fonction utilitaire : rite magique, transmission
de savoir aux plus jeunes (on ne
retrouve aucune trace de main denfant dans les grottes
ornées), support de visions
chamaniques, tableau de chasse ? .
Ou bien a-t-on
affaire à un acte gratuit, ludique, à une
recherche de sublimation du réel, délévation
de la conscience humaine, détachée de tout
objectif directement utilitaire ? Ces deux notions ne sont-elles
pas dailleurs compatibles ?
Quelles que furent les intentions de ces premiers hommes, et
sans quon puisse seulement
les deviner, leurs peintures conservent aujourdhui une
puissance évocatrice et une charge
émotionnelle immenses qui relèguent leurs supposées
fonctions utilitaires au second plan,
pour ne mettre en relief, quelque 20 000 ans plus tard, que leur
dimension de recherche
innovatrice.
« Comment ne pas voir la faible portée des intentions
particulières à telle oeuvre dart, si
lon envisage la constance et luniversalité
de cet objet ? /
/ Lélément isolé
ne survit pas,
jamais la volonté de prodige ne cesse dêtre
sensible à celui qui peut négliger lintention,
tombée dans loubli »
La volonté de sublimer le réel, avec la représentation
peinte du monde extérieur (en loc -
currence du monde animal dont vient juste de se détacher
lêtre humain) définit, selon G.
Bataille, le passage à lhomo Faber, prisonnier encore
de son animalité outillée, à lhomo
Sapiens, notre égal, libéré du seul utilitarisme
pour sa survie, par sa capacité à interpréter,
avec recul, le monde réel et à le sublimer dans
un univers virtuel, mental, ludique.
Ainsi la naissance de lhomme, en tant que notre égal,
coïnciderait avec la naissance de
lart en tant que savoir capable dobjectiver la réalité
pour mieux la sublimer.
« Le nom de Lascaux est le symbole des âges qui connurent
le passage de la bête
humaine à lêtre délié que nous
sommes ».
De ce chapitre sur la préhistoire, deux aspects essentiels
nous apparaissent comme fondateurs
de lhistoire du mur peint :
Le
mur peint est la plus ancienne activité artistique,
connue
à ce jour, de lêtre humain
Le mur peint, sous
forme de peinture pariétale fut lune des premières
activités artistiques
de lêtre humain, en tous cas la plus ancienne dont
nous ayons pu découvrir les traces (car
bien entendu on ne sait rien de ce quauraient pu être
dautres formes de créations artis -
tiques liées au langage, à la gestuelle, ou même
à dautres formes plastiques éphémères
)
Si lon excepte quelques (rares) statuettes contemporaines
de ces fresques ou à peine
plus ancienne quelles, (telle la Vénus de LEspugue),
les peintures pariétales sont à ce jour
les seules traces existantes des premières expériences
artistiques réalisées par lhomme.
On y trouve deux types au moins dutilisation de la technique
peinture :
La
phase I :
des mains tracées
au pochoir servent de traces de passage, de sceau sappropriant
lespace, voire de simples décorations ou de rites
magico-religieux.
Ces « signatures
» sont comparables à un marquage non signifiant,
de lespace, au même titre que les
cerfs marquent les limites de leurs territoires en frottant les
bases odoriférantes de leurs
bois sur le sol. On ne peut, à ce stade et dans létat
actuel de nos connaissances, en
déduire une quelconque autre volonté que celles-ci,
qui reste attachée à la notion de
nécessité et de dépendance au monde extérieur.
La technique « peinture » ne sert alors
que des objectifs utilitaires.
La
phase II :
celle des représentations
danimaux, (voire dhommes sur dautres sites)
utilise
la technique « peinture » dans des buts qui dépassent
consciemment les fonctions utilitaires
de la simple survie animale. La peinture sert alors une volonté
de séparation, dobjectivation
du monde naturel, pour une projection du réel en une image
de la réalité. Cette
image est passée au filtre de linterprétation,
codée par lintelligence.
La technique « peinture » nest donc en elle-même
quun outil, exploitable à divers niveaux,
du simple marquage utilitaire jusquà la recherche
du dépassement de la condition humaine.
Ce critère nous apparaît, au fil de lhistoire,
comme le principal discriminant entre la peinture
murale utilisée comme un art et cette même technique
utilisée dans tout autre but (pro -
pagande, décoration, publicité, marquage identitaire,
signalisation
).
« Nous ne pouvons dater ces peintures avec une certitude
définitive. Mais quelle quen fût
la date réelle, elles innovaient : de toutes pièces
elles créaient le monde quelles figuraient.
Il y a dans ce sens une secrète parenté de lart
de Lascaux et de lart des époques les plus
mouvantes, les plus profondément créatrices. Lart
délié de Lascaux revit dans les arts
naissants, quittant vigoureusement lornière (ndl)
: la convention). Cela se fit parfois sans
bruit : je pense à lart de lancienne Egypte,
à lart grec du VI° siècle
Mais
rien à Lascaux
ne quittait lornière : cétait le premier
pas, cétait le commencement. » (G. Bataille)
La peinture pariétale comme pratique artistique, marquerait
la naissance de lhumanité :
Des milliers de philosophes, artistes, sociologues, théoriciens
de tous ordres ont tenté
de définir, dans des milliers douvrages, ce quest
lArt, sans jamais trouver de réponse
commune.
Les premiers Homo-Sapiens nous laissent quelques indices éloquents
:
La notion dart se mêle dès son origine à
dautres plus utilitaires. Mais, le temps passant,
ces objectifs utilitaires perdent leurs significations. Ils répondaient
à des besoins du
moment, ils étaient liés à un contexte historique.
En revanche, au-delà
des siècles, voire
des millénaires, la dimension artistique qui touche à
ce que les êtres recherchent de commun
à leur humanité, au génie humain, reste
source démotions partagées, de reconnaissance
fraternelle, de sympathie et dempathie. « Cest
de lhomme de Lascaux quà coup
sûr et pour la première fois, nous pouvons dire
enfin que, faisant oeuvre dart, il nous
ressemblait, quévidemment cétait notre
semblable.
Si nous entrons
dans la caverne de
Lascaux, un sentiment fort nous étreint que nous navons
pas devant les vitrines où sont
exposés les premiers restes des hommes fossiles ou leurs
instruments de pierre. Cest ce
même sentiment de présence, de claire et brûlante
présence, que nous donnent les chefsdoeuvre
de tous les temps. »
Ainsi le temps est nécessaire pour apprécier la
valeur dune oeuvre dart,
le temps den oublier les fonctions initiales, le temps
de mesurer son
impact sur une culture, le temps pour finalement voir ce qui
lui reste
dessentiel, de sublime, une fois décontextualisée,
une fois nue.
De cette notion en découle une autre : pour quelques traces
conservées des expériences
artistiques de tous les temps, dans toutes les civilisations
et dans tous les domaines artistiques,
combien de milliards de musiques, de chants, de textes, non écrits,
non gravés,
disparus physiquement à jamais ? Combien de milliards
de peintures détruites, de mélodrames
et de chorégraphies évanouies ? Où est donc
passé ce flot continu de matières,
de sens, démotions, de savoirs ?
On peut avancer que précisément cette richissime
matière survit en
lhomme, en chacun de nous, inscrite dans la mémoire
du vivant, par la
culture transmise, voire par lempreinte laissée
dans notre biologie, notre
ADN façonné peu à peu par ces acquis devenant
innés.
Lart a délié
lêtre
humain de ses chaînes naturelles animales, et naurait
cessé depuis dalimenter
sa culture, voire de remodeler sa nature.
Quant au « public » de cette époque, on ne
peut bien entendu rien dire.
Ces peintures pariétales étaient-elles réservées
à quelques initiés, à toute une
tribu, ou bien accessibles à dautres humains «
spectateurs » ?
Avaient-elles une fonction « sociale » de transmission
des savoirs aux générations
montantes ? Daffirmation de pouvoir de certains sur dautres
du même
clan, ou de clans étrangers ? De rituel religieux, magique
ou festif réunissant de
nombreux participants ?
Lespace de la grotte ornée, qui nétait
pas, semble-t-il, lespace dhabitation de
ces premiers hommes, peut-il être considéré
comme un espace public ?
La notion même de public a-t-elle un sens à cette
époque, où lespace public,
extérieur aux grottes, était probablement non différencié
de lespace naturel ?
A ces questions aucun anthropologue, aucun scientifique ne peut
aujourdhui
apporter de réponse vérifiable.
LAntiquité
(La fresque à lusage des illettrés)
|
Dans l'Antiquité,
les techniques picturales se développent, les pratiques
ont peu à peu été codifiées pour
donner naissance à l'histoire de la peinture dont nous
dépendons encore aujourd'hui.
Toutes les sociétés
anciennes de la Méditerranée connaissent et pratiquent
la tempera, une technique à base d'eau et parfois d'uf.
La cire, qui évite l'effritement de la couche picturale,
est également employée.
Les pigments sont
le plus souvent d'origine minérale; afin d'obtenir différentes
nuances, on les chauffe plus ou moins, on les réduit en
poudre et on les mélange. La plupart des peintures conservées
de cette époque sont des peintures murales, mais on la
pratiquait également sur des objets amovibles comme les
tissus, les meubles, les vases, les papyrus et, plus tard, vers
le VIIème siècle, sur des parchemins.
On sait aussi que,
depuis l'antiquité grecque, l'on peint souvent les sculptures
et les façades des monuments les plus importants. |
La pratique du
mur peint accompagne les hommes devant toute leur histoire et
sur quasiment
tous les continents. LEgypte ancienne, la Grèce
antique, lEmpire romain, mais
aussi lAsie, lAmérique pré-colombienne
,
peignent leur histoire, leurs croyances,
leurs aspirations, leur mode de vie sur les murs intérieurs
et/ou extérieurs de leurs
maisons, de leurs temples, de leurs sépultures.
Les grottes de Mogao, Asie centrale, racontent les routes de
la soie, les palais
mycéniens illustrent la Grèce antique, les fresques
de Pompéi lart de vivre romain, les
150 peintures des tombes de Tarquinia, la civilisation étrusque
Bien souvent, larchitecture et les murs peints sont parmi
les seuls témoins restants de
certaines civilisations anciennes pour permettre aux archéologues
de reconstituer leur Histoire.
Les peintures funéraires, notamment, remplissent souvent
ce rôle de témoins. Les
chambres funéraires des pyramides dEgypte, les sarcophages
de Crimée, les columbarium
romains, les nécropoles étrusques
regorgent
de scènes peintes.
Souvent enterrée,
larchitecture funéraire sest bien préservée
et a pu conserver intacts façades
et murs intérieurs sur toute leur élévation.
Cest pourquoi, elle est parfois tout ce qui
reste à larchéologue pour connaître
la maison des vivants et tenter de la restituer.
Le plus souvent ces peintures ont pour fonction daccompagner
le mort dans son voyage,
et dentretenir sa mémoire auprès des vivants.
« Cest dabord le souci de la
tombe, qui est proprement la maison du mort
Elle est un
peu le reflet de la maison
quil occupait vivant
/
elle conserve son image,
qui est comme son double, elle
représente plus ou moins concrètement sa personnalité.
Elle lui permet de continuer à
exister dans lesprit des vivants "
La peinture sur les murs, symbolique et/ou figurative, reste
encore de nos jours, pour
certains peuples nayant pas développé de
système décriture, le seul outil de transmission
non oral du savoir, des traditions, croyances et modes de vie.
A titre dexemple, le peuple Warli (150 à 200 000
personnes vivant en quasi-autarcie
dans une vallée à 200 km au nord-est de Bombay)
transmet sa culture de génération
en génération, par des peintures réalisées
en pâte de riz diluée dans de leau additionnée
de sève, sur les murs en torchis de leurs habitations.
On pourrait tout aussi bien
citer les peintures des aborigènes australiens, celles
des femmes Ndembélé dAfrique
du sud
Ainsi la pratique du mur peint savère non seulement
la plus ancienne trace connue
dexpression artistique, mais elle fut partagée,
sur des modes divers, dans
pratiquement toutes les civilisations, de tous temps.
Durant toute cette période, le mur peint est avant tout
un outil au service des
croyances religieuses, et notamment de média entre le
monde des vivants et
celui de lau-delà.
Dans certaines civilisations, le mur peint acquiert aussi une
fonction moins
publique, étant mis au service privé des riches
et des notables, comme en
témoignent, par exemple, les fresques de Pompeï.
Au Moyen Âge, on perfectionne et l'on adapte les techniques
des anciens. Dans le cas de peintures murales, en fonction de
la nature des pigments, on associe souvent les deux techniques
:
à sec
et à fresque.
La peinture sur
panneaux de bois amovibles rencontre peu à peu un plus
grand succès auprès des commanditaires. Elle permet
également une plus grande circulation des uvres,
et donc la possibilité, pour les artistes, de s'enrichir
des expériences des autres. Dans certains cas, on juxtapose
des feuilles d'or aux couches colorées, ce qui augmente
la valeur de l'objet et grandit le prestige des figures représentées.
Durant tout le
Moyen-Age en Occident, il servira à transmettre lHistoire
Sainte
aux illettrés, cest à dire à limmense
majorité des hommes.
Indépendamment de ses qualités esthétiques,
liées à son époque, et de sa valeur
actuelle de témoignage historique, le mur peint est alors
principalement un outil
de propagande pour un public de croyants, un genre de «
mass média » avant lheure
La
Renaissance
Le lien peinture/architecture
semble avoir toujours existé : des éléments
architectoniques
peints ont, depuis lantiquité et sur presque tous
les sites, « mis en scène »
des motifs figuratifs et/ou des textes peints dans des encadrements,
soubassements,
colonnades, frise, fausses ouvertures
Mais, en Occident, ce rapport architecture/peinture devient plus
étroit encore avec
lévolution de la perspective géométrique
développée par les artistes de la Renaissance
« Dans la peinture murale, lemploi de la perspective
scientifique a donné sa vraie
dimension au trompe-loeil architectural ; il la aussi
poussé jusquà ses limites. Par la
négation de la réalité architectonique du
support, ou par son amplification,
/
Le
trompe-loeil architectural utilise le nouvel espace perspectif
pour affirmer la 3e dimen -
sion dun monde à léchelle de la nation
et de lêtre humain »
Architectures
peintes en trompe-loeil
Lutilisation
de la perspective, jusquà lexcès baroque,
permettra de transcender larchitecture
de nombreux palais et lieux de culte.
Après le culte des morts et des divinités de lAntiquité,
après la mise en images de lhistoire
sainte par les prêtres du Moyen Age à lattention
des illettrés, lEglise de la
Renaissance utilise la perspective pour rendre linfini
visuellement accessible (Lat. per -
spectiva : voir à travers).
A Florence ou à Rome, les voûtes des églises
souvrent sur des ciels chargés de divin.
«
Les architectures feintes ouvrirent les voies de
la communication entre le divin et le
terrestre, lirréel devenu réalité,
le réel transposé en vision ».
La peinture murale religieuse, sous ce mode de trompe-loeil
architectural, offre au peuple
la proximité, la présence « réelle
» des figures de lhistoire sainte, et le soulage
en
partie de leffort dimagination nécessaire
pour accéder aux mystères des Ecritures.
Parallèlement à cette utilisation propagandiste
du trompe-loeil architectural par la religion,
se développe un usage profane : palais, châteaux
et même gentilhommières campagnardes
magnifient leurs architectures par le biais du trompe-loeil.
Lespace habité quotidien est « mis en scène
» par des décors factices, des ouvertures
virtuelles sur des espaces de rêve peuplés de personnages
profanes, danimaux exotiques,
de compositions florales étranges, et même de clins
doeil humoristiques.
Cest ici quapparaît la comparaison avec le
décor de théâtre, qui a toujours utilisé
le
trompe-loeil pour transposer le spectateur dans un monde
imaginaire. Mêmes techniques,
fondées sur les lois de la perspective, et mêmes
peintres parfois, que lon trouve
en scénographes comme en « quadraturistes »
(décorateurs de larchitecture). Mais
le point de vue du public de théâtre est fixe :
il na donc besoin que dun seul point de
fuite pour simmerger dans le trompe-loeil du décor
de théâtre. Le public qui regarde
larchitecture lui, est mouvant : son déplacement
suppose, pour que lillusion de la réalité
fonctionne quelle que soit sa position, de multiplier les points
de fuite.
Cest de cette manière que sera contournée
cette limite technique des lois de la perspective,
aussi bien par Michel-Ange sur les plafonds de la chapelle Sixtine,
que plus
tard par Siqueiros, avec les fresques mexicaines des années
20.
Si la Renaissance continue dutiliser le mur peint pour
donner aux hommes une
vision de leur Dieu, cest aussi une période pendant
laquelle le mur peint vient
ennoblir larchitecture de lieux profanes, publics et privés.
La magie du trompe-loeil architectural, ce jeu entre le
vrai et le faux, cet équilibre
entre lillusion et la réalité, cette affirmation/négation
du mur-support, sont
encore de nos jours, des attraits, parmi les plus forts, du grand
public pour le mur peint.
Quelques techniques
: de la Renaissance à Aujourd'hui
La tempera
La Tempera reste
la pratique dominante dans la peinture sur panneaux jusqu'à
la fin du XVIème siècle.
On peut utiliser
de l'eau ou de la colle comme seuls médiums, mais la peinture
est alors peu résistante et très sensible aux variations
hygrométriques. On préfère souvent ajouter
de l'uf. Le jaune permet l'émulsion (avec de l'huile
et du vinaigre) et le blanc, insoluble à l'eau, donne
de l'éclat aux couleurs. Les recettes sont très
nombreuses. On peut ajouter de la cire d'abeille, de la chaux,
de l'amidon, de la caséine ou toute autre sorte de substance.
Sur les panneaux de bois, on est souvent contraint d'employer
un enduit appelé gessoduro composé de plâtre
mêlé à de la colle. Les couleurs de la tempera
sont plutôt mates, elles perdent leur ton en peu de temps.
Peu à peu, le nombre des pigments employés s'accroît
considérablement. Ils sont d'origine minérale (terres
naturelles ou brûlées, pierres) ou animale (résidus
animaux). Avant de les incorporer au médium, il est nécessaire
de les broyer longuement.
Aquarelle, gouache
et pastel
L'aquarelle, employée
depuis la Renaissance, constitue un cas particulier. C'est une
détrempe très légère, appliquée
sur du papier, et dans laquelle on emploie beaucoup les superpositions
de couches de différentes couleurs et de différentes
densités. L'aquarelle permet surtout aux artistes de composer
leur peinture en utilisant la réserve qui consistait à
laisser vierges certaines surfaces de papier. Pour cette raison,
les questions concernant l'aquarelle sont très proches
de celles du dessin.
La gouache est
une tempera plus épaisse, plus pâteuse. C'est la
technique traditionnelle des anciens manuscrits, à laquelle
on ajoutait une substance empêchant la fermentation.
Le pastel, qui
eut un grand succès au XVIIIème siècle,
associe les matériaux du dessin (le fusain, la sanguine,
la craie, etc.) qui, après être réduits en
poudre, sont dilués avec de l'eau et parfois des pigments
supplémentaires.
Fresque
À la Renaissance,
on codifie la pratique de la fresque, employée pour la
peinture murale depuis l'Antiquité sous différentes
formes.
Le principe classique
consiste à appliquer des pigments colorés dilués
à l'eau sur une paroi enduite d'un mortier frais composé
de chaux éteinte.
Au moment du séchage,
le mortier absorbe les couleurs et fixe ainsi la peinture sur
le mur. L'opération se réalise en plusieurs temps.
On enduit d'abord le mur d'un mélange appelé l'arriccio
et composé de deux tiers de sable fin (ou de stuc) et
d'un tiers de chaux.
Au moyen d'un poncif
(la sinopie), on reporte sur le mur, par la technique du pochoir,
les contours du dessin d'ensemble.
On divise ensuite
la surface à peindre en plusieurs secteurs appelés
les giornate (journées) et correspondant chacune à
la capacité quotidienne de travail de l'atelier.
Chaque matin, on
applique un dernier enduit, moins épais, appelé
l'intonaco et composé pour moitié de sable et pour
moitié de chaux. On peut alors étendre au-dessus
les couleurs tout en ayant préalablement connaissance
des modifications qu'elles subiront au contact de la chaux.
Les pigments employés
sont des terres (chaux séchée, terre de Sienne,
cadmium, cobalt, etc.) et des pigments d'origine végétale
(chêne ou pins calcinés, etc.).
En théorie,
lorsque l'enduit est sec à l'issue de la journée,
il n'est plus possible d'intervenir sur la peinture, sinon au
moyen de la peinture à sec.
Le graffito constitue
un cas particulier de la peinture à fresque. Il est d'un
usage courant dans les peintures de murs extérieurs à
l'époque moderne, et, bien qu'il soit particulièrement
exposé aux intempéries, on en conserve de fort
beaux témoignages, notamment dans le nord-est de l'Italie
et au sud de l'aire germanique. Il consiste à recouvrir
de mortier la couche colorée. Le dessin recherché
apparaît après un grattage de certaines parties.
Les contraintes
de cette technique ont poussé les artistes à chercher
des solutions intermédiaires comme la demi-fresque, dans
laquelle on peut intervenir après séchage au moyen
de couleurs diluées à l'eau de chaux. Mais, fréquemment,
la peinture que l'on appelle aujourd'hui à fresque n'est
qu'une simple peinture à l'eau, le plus souvent synthétique,
sur un enduit sec.
Peinture à
l'huile
La véritable
nouveauté fut la peinture à l'huile.
Cette technique
a été définitivement mise au point vers
la fin du XVème siècle dans les Flandres et en
Italie. Sous de multiples variantes, le procédé
se généralisa au XVIème siècle dans
tout l'Occident.
Les frères
Van Eyck et Antonello da Messina furent parmi les premiers à
montrer toutes les ressources que l'on pouvait tirer de cette
matière. Elle procure une certaine commodité du
travail (avec la possibilité de travailler assez longtemps
sans que le véhicule ne sèche trop vite) et donne
aux couleurs brillance et transparence.
Comme dans le cas
de la tempera, les recettes sont innombrables. Il s'agit parfois
d'une émulsion composée d'huile, d'uf, de
vernis et d'eau. Plus simplement, on trouve également
l'emploi d'huiles essentielles (comme l'essence de térébenthine
ou de lavande) ou d'huiles pures (comme l'huile de lin, de pavot
ou de ricin) comme seuls médiums.
Avec l'huile, on
emploie le plus souvent un subjectile composé d'une toile
(lin ou chanvre) tendue par un châssis en bois enduit d'une
couche de colle. Mais on peut aussi utiliser des supports très
variés : la pierre, le cuivre, l'ardoise, etc.
Dans certains cas,
on passe également un fond coloré avant de peindre.
C'est le cas de la technique dite de l'imprimitura, un liquide
composé de jaune de Naples et d'huile.
Le procédé
du marouflage, employé depuis le XVIème siècle,
consiste à encoller des toiles peintes sur un mur, sur
un plafond ou sur un support amovible comme un panneau de bois,
par exemple.
La dernière
opération, après les couleurs, consiste à
appliquer un vernis qui a pour but de protéger la couche
picturale. À Venise, on employa beaucoup le glacis qui
consistait en un premier vernis légèrement pigmenté,
c'est un vernis dit «à peindre!».
D'une manière
plus générale, on distingue les vernis gras des
vernis à base d'essence. Les vernis gras sont plus résistants,
mais tendent à s'assombrir et à jaunir avec le
temps.
Techniques synthétiques
Depuis la Seconde
Guerre mondiale, l'emploi des peintures de synthèse s'est
développé afin de répondre de manière
plus souple aux exigences des artistes en matière de siccativité
des matériaux (temps de séchage), de maniabilité
(possibilité d'employer des instruments d'application
plus variés) et de stabilité des couleurs. Il s'agit
d'émulsions composées de résines de synthèse
de type vinylique ou acrylique (matières plastiques).
Elles possèdent un grand pouvoir couvrant, ce qui permet
de les utiliser même sur des supports particulièrement
difficiles, comme le béton ou le ciment. Elles sèchent
en peu de temps et évitent ainsi à l'artiste l'inconvénient
majeur de la peinture à l'huile.
En outre, les couleurs
sont remarquablement stables et presque inaltérables dans
le temps. On peut enfin réguler la densité du produit,
dont dépend la matité de la couleur, par une simple
adjonction d'eau.
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LE XIX°
siècle « La peinture quitte le mur ? »
LE XIX° siècle
est une période de nouveautés architecturales et
sociales qui vont
entraîner le déclin provisoire du mur peint en occident.
LARCHITECTURE
FONCTIONNELLE
La période de
surcharge baroque, qui trouva son apogée dans le style
« Rococo » purement
décoratif, étouffe le mur peint durant la fin du
XVIII et le début du XIX siècle, sous
un éclectisme de techniques (stuc, bas-reliefs, fer forgé,
dorures,
) et de thèmes exotiques
(orientalisme,
).
En réaction contre cette pesanteur, naîtra larchitecture
fonctionnelle des années 30,
aux murs « nus », bruts de décoffrage, qui
captent la lumière pour souligner le volume
du bâti, supposé noble en tant que tel.
Même si Tony Garnier recommande les arts plastiques pour
agrémenter certaines
façades de sa « Cité industrielle »
, même si Le Corbusier plaide pour la couleur comme
animation de plans architecturaux, la banalisation de larchitecture
fonctionnelle, le plus
souvent pour des raisons économiques, fera fi de leurs
préconisations.
Aujourdhui, les façades préfabriquées
ou de verre-miroir « collés », qui renvoient
limage
mouvante du ciel et de la ville, se passent de mur peint . Celui-ci
ne vient le plus
souvent que combler un vide architectural, un mur pignon apparu
lors de la destruction
dun immeuble voisin ou une façade restée
aveugle de par larrêt dun programme
immobilier.
Si cet état de fait nenlève rien à
la qualité artistique potentielle dun mur peint,
il confère
au phénomène une connotation à priori négative
de « cache misère », « demplâtre
sur jambe de bois », larchitecture défaillante
nétant alors améliorée que par une
image
(ou pire, aux yeux de nombreux architectes, par une illusion
darchitecture, sagissant
dun trompe-loeil).
LE MUR
PEINT PUBLICITAIRE
Dans cette période
de fort développement du capitalisme, le mur peint divorce
de larchitecture
pour ne conserver quun rôle de propagande commerciale.
Ré-encadré sous forme de réclame murale,
il complète, puis remplace lenseigne publicitaire.
Sil existe depuis le milieu du XIX° siècle,
cest dans les années 30 que le
phénomène envahit les murs des grandes villes et
sétend sur les grands axes jusquà
être qualifié de « Lèpre des Routes.»
« Cette nouvelle forme dexpression picturale était
favorisée par lapparition du mur
pignon, cette surface issue des mutations urbaines de lépoque
Haussmanienne qui
surgit brusquement de terre, dominant maladroitement les modestes
toitures des siècles antérieurs »
Cet usage exclusivement propagandiste et marchand de la peinture
murale discréditera
le mur peint, assimilé à des « ripolinages
» (en référence aux trois frères Ripolin
qui, en
file indienne marchent sur les murs de la capitale pour vanter
la fameuse marque de
peinture).
« Le foudroyant succès des barioleurs de murailles.
Partout ils sont venus et presque
partout ils sont vainqueurs. Alors derrière eux, les contrats
signés, des armées de bar -
bouilleurs ont surgi qui ont transformé les chères
vieilles maisons grises en de provo -
cantes et gigantesques panneaux-réclame. Des villes entières
ont ainsi été ripolinisées. »
Il faudra attendre la loi de 1943 pour restreindre laffichage
et les publicités peintes, à
une surface maximale de 16m?.(Exception faite de murs peints
publicitaires à caractère unique).
LE MARCHE
DE LART
Le développement
sans précédent du marché de lart,
au début du siècle, sonnera provisoirement
le glas du mur peint artistique dans les pays occidentaux.
Jusque là, les peintures primitives, puis médiévales,
étaient quasi anonymes et créées,
a priori, pour sadresser au plus grand nombre.
Le mur peint, fixe par nature, nappartient légalement
quau propriétaire de la façade qui
le supporte et, de fait, profite aux habitants et passants qui
le regardent.
La peinture sur toile, encadrée, peut être lobjet,
elle, de toutes les spéculations: elle est
transportable dun acheteur à lautre, dun
pays à lautre. Galeristes, collectionneurs et
critiques dart se chargent den faire monter et descendre
la cote, la valeur virtuelle, au
point de transformer ces oeuvres en véritable monnaie
internationale.
Lexplosion du marché de lart durant cette
période et jusquà aujourdhui, se fera
au
détriment la pratique artistique communautaire du mur
peint.
Le XIX° siècle et le début du XX° marquent
donc, en Occident, le déclin du mur
peint, jusque dans les intérieurs bourgeois où
le « papier peint » lui-même nest
plus peint mais imprimé (ce qui apporte un « confort
» accessible aux logements
de toutes les classes sociales) , jusque dans les salles de théâtre
qui se transforment
en cinémas, (ce nouveau mur dimages qui, de plus,
saniment) , jusque
dans les portraits désormais photographiques (photographie
dont la chambre
noire confirme les lois de la perspective euclidienne des trompe-loeil
!)
Le mur peint quitte sa dimension artistique et ne reste public
que pour servir les
intérêts du capitalisme en marche, le public des
fidèles devenant le public des
consommateurs.
La peinture artistique , elle, suit le même chemin en abandonnant
sa dimension
communautaire pour se « privatiser » sur toile.
Le renouveau
contemporain du mur peint
« Attention, peinture fresque ! »
Si lon excepte
les quelques rares fragments de peinture sur façades qui,
résistant
au temps, sont parvenues jusquà nous, le mur peint
en occident, fût principalement
réalisé sur des murs intérieurs.
A partir des années 20 au Mexique, puis des années
70 en Europe, le mur peint
quitte lEglise ou le Palais pour prendre pignon sur rue
.
Dans quel esprit sest réalisé ce retournement
? Comment le mouvement mexicain
sest-il propagé, décliné, redéfini
dans les autres pays ? Que reste-t-il de la
dimension politique, sociale, de cette innovation, plus dun
demi siècle plus tard ?
Les années 20/40 : la révolution mexicaine ( Viva
la revolucion ! )
Le renouveau contemporain du mur peint nous vient incontestablement
du Mexique.
Après plusieurs siècles de colonisation, la révolution
mexicaine de 1910 aboutit, au bout
de 10 ans de guerre civile, à un nouveau gouvernement
qui entame de grandes
réformes sociales.
En 1921, José Vascancelos, chargé du développement
de linstruction publique, lance
un programme culturel dans lequel il confie la réalisation
de peintures à Diego Rivera,
Juan Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros, Jean Charlot, José
Clémente, et
quelques autres.
Le groupe décide, pour toucher un vaste public, de réaliser
des murs peints, en croisant
les techniques de la fresque de la Renaissance française
et celles des peintures ancestrales
précolombiennes que la tradition populaire avait conservées
(pour peindre
les
cuisines ocre-rouge des maisons ! )
La démarche du célèbre trio Rivera-Orozco-Siqueiros
milite pour un art populaire, public,
monumental et collectif. Leur conviction va jusquà
condamner loeuvre unique, (et
dès lors inique), considérée comme «
lart pour privilégiés ».
Ils co-signent, (avec dautres tels Guerrero, Revueltas
ou Mérida), un premier manifeste
en 1922, qui affirme : « Lart du peuple mexicain
est la plus saine expression spirituelle
quil y ait au monde, et sa tradition notre plus grand bien.
Il est grand parce quappar -
tenant au peuple. Il est collectif, et cest pourquoi notre
objectif esthétique fondamental
est de socialiser lexpression artistique qui tend à
effacer totalement lindividualisme,
lequel est bourgeois. Nous condamnons la peinture dite de chevalet
et lart des cercles
ultra-intellectuels parce quil est aristocratique, et nous
glorifions lexpression de lart
monumental parce quil est propriété publique.
»
Par la suite, cette position se durcira encore, jusquau
manifeste de 1934, qui va jusquà
condamner toute forme de création artistique non monumentale
ou non reproductible
pour un usage par le plus grand nombre.
Cette démarche sociale, révolutionnaire, se marie
avec celle, artistique, qui allie la tradition
des décors Aztèques, Maya ou Toltèques et
les nouvelles influences venues
dEurope comme le cubisme et limpressionnisme. (Siqueiros,
on la vu, réinventera les
points de fuite multiples chers au cubisme afin dadapter
ses murs peints aux déplace -
ments des spectateurs.)
Le poète Philippe Soupault résume ainsi la démarche
des muralistes mexicains de
lépoque : « Lart des peintres mexicains
nest pas destiné aux amateurs ni aux
musées. Il sadresse à la foule, au peuple
qui en subit directement les suggestions ;
autrement dit-il nexige pas le concours ni le truchement
dintermédiaires, critiques ou
professeurs. Cette immédiate prise de contact avec leurs
compatriotes permet aux
artistes mexicains déchapper à latmosphère
des ateliers ou des chapelles ou des
coteries et de connaître instantanément les réactions
de ceux pour qui ils travaillent.
Nétant plus objet de spéculation possible,
la fresque na plus guère besoin dun nom
attaché à sa réalisation ; elle devient
un art non individuel que Jean Charlot a justement
comparé à la cathédrale gothique : «
Les cathédrales gothiques étaient des réalisations
communautaires et anonymes. Appelez-les de la propagande si vous
voulez, mais elles
étaient si bien en accord avec les foules que tout le
voisinage, dans son désir de pren -
dre part, sattelait aux chariots qui apportaient les troncs
des forêts et les blocs de pierre
de la carrière
»
Le mouvement muraliste mexicain est particulièrement prolifique
de 1922 jusquà la fin
des années 40. Sans jamais disparaître tout à
fait, il perd peu à peu de sa force à partir
des années 40 : le vieillissement de ses pionniers, la
stagnation de leurs techniques,
et surtout, le désengagement financier du gouvernement
pour une expression artistique
trop politique, affaiblissent le mouvement.
Des émules de ces pionniers, les « chicanos »
forment une relève qui ne peut redynamiser
le mouvement, se contentant souvent de développer un nationalisme
et un
populisme outranciers. Le message social leur parait parfois
secondaire.
Ils nen perçoivent pas moins ce qui distingue plastiquement
lart mural de la peinture de chevalet :
« Elle nest pas lagrandissement dune
oeuvre qui aurait pu tenir sur une toile de for -
mat ordinaire. Cette dernière peut être vue de près,
plus ou moins longuement, et com -
porter autant de détails que voudra le peintre. Le muraliste
ne peut compter sur cela :
toute son oeuvre doit être conçue par masses et
plans simples, ne pas se perdre dans
un chatoiement de formes et de couleurs ; on doit pouvoir le
regarder avec beaucoup
de recul et même en se déplaçant, ce qui
entraîne certains problèmes de perspective
sur lesquels on reviendra. On ne peut pas appliquer à
une fresque les critères quon
applique à la peinture de salon ou de musée, de
là que certains critiques patentés ont
des difficultés à lapprécier et préfèrent
ne point sy arrêter. Il sagit, dit Siqueiros,
dune
autre discipline, au cours créateur de laquelle il faut
appliquer une autre structure mentale. »
Il nen reste pas moins que ces années de révolution
artistique qui ont opposé
aux lieux fermés des salons, galeries et revues spécialisées
modélisés par le
microcosme parisien, un art public, fait dans la rue, avec les
gens de la rue, fit de
nombreux adeptes mexicains et nord-américains.
Les publics trouvent dans ces murs peints contestataires, lexpression
de leurs
identités en tant que groupes minoritaires, des images
de leur Histoire souvent
niée par lHistoire officielle, un mode dexpression
politique non institutionnel, et,
parfois, le prolongement dune tradition de peinture communautaire
remontant à
leurs plus anciennes origines culturelles .
Aux Etats-Unis, lart mural est pris en charge (une fois
nest pas coutume), par les pouvoirs
publics à partir de 1933, comme une des réponses
sociale et culturelle à la crise
économique née du krach boursier de 1929.
Un programme fédéral (le WPA / FAP) commande aux
artistes de donner vie aux murs
des bâtiments publics, dans un langage clair, accessible
au plus grand nombre.
Ces artistes assigneront, à linstar de leurs prédécesseurs
mexicains, une double fonction
à lart mural, idéologique tout autant que
décorative, profitant de la vague « socialisante
» des milieux intellectuels américains de lépoque.
Des milliers doeuvres murales
verront le jour, permettant aux artistes et aux publics de toutes
les minorités dentrer en contact.
Après la guerre, le contexte idéologique change
radicalement, le conservatisme domine
(et culmine avec le maccartisme). Parallèlement, la reprise
économique samorce et les
pouvoirs publics cessent le financement du programme WPA.
En France
En France, la question
de lart mural revient en force dès 1937, où,
à loccasion de
lExposition Universelle, de grands panneaux muraux sont
commandés à Léger,
Delaunay, Herbin ou Valmier . Fernand Léger commente :
« Lart mural est le grand
problème actuel. Cest la peinture liée intimement
à la vie. Elle va saffronter avec les
foules, avec les objets usuels ou artistiques, elle devra tenir
sous toutes les lumières
plus ou moins changeantes ou artificielles
Lart mural
doit tenir compte de nombreuses données techniques ou
artistiques.
Poids de couleurs
leur disposition dynamique ou statique
savoir animer un
mur sans pour cela le détruire.
Le peintre André Derain, défend même cette
idée selon laquelle « ce nest pas à
lartiste
déduquer le peuple mais au peuple déduquer
lartiste », le muraliste ne faisant que
donner forme à quelque chose de communautaire.
Ainsi et jusque dans années 80, les commandes de murs
peints en France restent rares
et réservées à quelques peintres de chevalet
et de renom, tels Chagall pour le plafond
de lopéra, Masson pour celui de lOdéon,
une mosaïque de Miro pour lUNESCO, ou
la commande de vitraux ou peintures pour des universités
ou des églises à Matisse,
Braque ou Léger
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L'ART
MURAL AUJOURD'HUI :
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Les années 60
/ 70 " Les murs ont la parole "
Aux USA, face au retour du conservatisme de laprès-guerre,
les artistes cherchent à
saffranchir des lieux traditionnels de diffusion de lart.
La peinture reprend place dans la rue, mais cette fois avec des
artistes travaillant de
leur propre initiative, souvent bénévolement ou
presque, sans aide fédérale, et en
étroite relation avec la communauté vivant sur
place.
Le premier exemple de réalisation denvergure de
cette époque est le « Wall of
respect » réalisé en 1967, en concertation
avec les habitants dun quartier noir populaire
de Chicago, par un groupe dartistes noirs, dirigé
par William Walker.
Réalisé au plus fort de la lutte des noirs-américains
pour les Droits civiques, ce mur
peint fit sensation (on y voit représentés des
leaders comme Malcolm X, Martin Luther
King...) et donna naissance à un immense courant dart
mural communautaire militant
pour toues les revendications populaires du moment (guerre du
Vietnam, libération de
la femme, minorités ethniques
)
Peu à peu les pouvoirs publics, dans le but de lutter
contre la détérioration du climat
social dans les quartiers populaires et pour la préservation
des lieux publics, recommença
à financer ou co-financer certains projets, tout en laissant,
cette fois, linitiative
aux artistes et en respectant leur démarche sociale.
Ainsi, une multitude de murs peints sera financée par
le programme CETA
(National Endowment for the Arts), loi sur la formation continue
destinée initialement à
laide aux chômeurs !
« Beaucoup dartistes américains auront alors
le sentiment dappartenir à un vaste
courant dArt Public monumental issu de la Renaissance et
dont la peinture murale
mexicaine avait été le dernier grand exemple. »
Avec à peine quelques années de décalage,
un phénomène similaire se développe en
Europe, prenant souvent ses origines dans la culture hippie de
la fin des années 60, sur
le modèle américain, et saffirme plus fortement
après les événements de 68.
En Angleterre, on compte plus de 200 muralistes actifs en 1978
En Irlande, le mur peint devient un enjeu de la politique : financé
par les habitants dun
quartier de Derry ou de Belfort, il est souvent saccagé,
restauré, détruit à nouveau, il
est au centre de la lutte idéologique
En RFA, comme en Allemagne de lOuest, suite aux initiatives
privées dartistes souvent
militants, de vastes programmes officiels de murs peints sont
mis sur pied. A
Brême, à partir de 1976, le programme « lArt
dans lespace public » milite pour la production
doeuvres dart « non pour le seul domaine de
lart mais pour lintérêt de groupes
plus larges, même sils ne sintéressent
pas à lart en dehors de cela »
A Berlin, aujourdhui, plus de 500 murs peints sont recensés,
issus pour la grande
majorité des programmes du Sénat, tels «
Kunst im Stadtraum » (lArt dans lespace
urbain » ou « Farb im Stradtbild » (Couleur
dans la ville »)
Sans compter, sur le mode « spontané », lex-«
mur de Berlin », mur probablement le
plus « peint » du monde !
En Italie, en Belgique, en Suède ou en Espagne, les années
70 voient émerger cette
nouvelle forme dArt public qui allie le plus souvent souci
esthétique et démarche
sociale sans que le critique dart, qui est en loccurrence
le passant, voie une quelconque
antinomie dans ces deux notions.
En France aussi, « laprès 68 » donne
la parole aux murs et lon retrouve les deux pôles,
politique et social dune part, décoratif et esthétisant
dautre part, dans des oeuvres souvent
issues de la rue et de la protestation sociale, parfois tombées
de la commande publique.
En 1981, Gilles de Bure, journaliste spécialisé,
commente :
« Cette apparition de murs peints « modernes »
dans les années 60/70 correspond à
un mouvement généralisé (comme notamment
à lavènement dun cinéma différent
util -
isant des canaux de diffusion autres ) tendant à faire
éclater le cercle magique de la dif -
fusion de lart et de sa production. Tous les concepts de
création collective, de partici -
pation, dimplication sociale de lart, de rôle
de lartiste dans la société, dexpression
populaire, de civilisation et duniversalité de limage
sont contenus dans ces incidents
urbains »
Les années
60/70
Dans les années 60/70 le mur peint, issu des modèles
« chicano » puis nordaméricain,
essaime dans toute lEurope. De la même manière
quil donne la
parole aux murs avec le graffiti, le public contestataire sempare
de la peinture
pour donner des horizons aux murs et à ceux qui les regardent.
Les années 70
/ 80 ( Quelques coûts dEtat )
En 1976, les premières commandes publiques de murs peints
sappliquent aux Villes Nouvelles
parfois avant même
que les habitants y séjournent !
Sabine Fachard, alors chargée de mission au Secrétariat
Général du groupe central
des Villes Nouvelles mène une opération de trois
murs peints au Vaudreuil, confiés à
Cueco, Proweller et Tomasello. Les trois artistes font oeuvres
de peintres, sans intégrer
une pratique de muralisme, ni au plan esthétique, ni du
point de vue de la démarche sociale.
Quelques années plus tard Sabine Fachard commente : «
Nous par nécessité, nous
nous situons du côté de laménageur,
ce qui veut dire réfléchir aux choses avant que
les habitants ne soient là, avant que le quartier soit
construit ; mais il faudrait quil y ait
des choses qui se passent après : les villes nouvelles
nont pas de passé mais, malgré
tout, les choses vont vite, les quartiers changent très
vite sur le plan social et sur le plan
physique
/
Sil y a un travail dinformation
préalable, ou si lartiste a essayé de col
-
laborer avec les gens, il y a une appropriation très nette
de ce qui est proche du loge -
ment. »
Cest ainsi quà contrario, à Chanteloup,
un Rimbaud de mosaïque murale fut pris par
les habitants pour le portrait
dAlain Delon !
Parallèlement mais dans une démarche sociale, en
1977, un des premiers murs peints
spontanés voit le jour à Paris, à la demande
des habitants de la rue Pernety, dans le
14e arrondissement, dans le but de dénoncer un plan de
rénovation urbaine jugé dangereux
pour leur collectivité. Sous légide dHervé
Béchy, six artistes de diverses formations
mènent un travail de concertation avec la population,
qui financera les frais
techniques de la réalisation murale. Le projet prend rapidement
lallure dune aventure
collective partagée entre artistes et habitants, la peinture
devenant outil de médiation
entre eux, et de médiatisation vis-à-vis dun
public plus large, loeuvre devenant symbole
dun regroupement face aux aménageurs.
Ces deux exemples contraires, parmi tant, montrent à nouveau
que le mur peint dans
lespace public continue de chercher sa voie en conciliant
deux dimensions :
lesthétique, ne serait-ce que par souci dintégration
à lenvironnement architectural du
mur, et la fonction ne serait-ce que pour légitimer sa
présence au sein dune communauté.
« Deux tendances essentielles existent qui parfois sinterpénètrent.
Dabord, celle
représentée par les muralistes dont le soucis est
« dégayer », « dorner »,
voire « trans -
figurer » la ville. Ensuite celle des tenants dune
pratique sociale et communautaire, de
lart pour et par le peuple. »
Les années 90
/ 2000 " ça devient graff ! "
On ne saurait clore ce survol historique sans évoquer
les formes émergentes de murs
peints apportées par la pratique du graff, elle-même
issue de celle du tag.
Ici encore, lhistoire débute aux USA, avec le premier
tag ayant fait lobjet dun article
de presse dans le New York Times du 21 juillet 1971. Pratique
systématique de la signature
dun pseudo sur les murs des villes, le tag répond
ici à un besoin de sapproprier
lespace urbain : lespace physique de son «
block » dhabitation, lespace social qui
sépare les bandes rivales. Très vite le «
tagage » prend une ampleur considérable,
recouvrant métros, murs, monuments, en une vaste «
pétition illisible », une « émeute
silencieuse »
Après quelques initiatives de récupération
par les institutions culturelles tel le MOMA
(Muséum of Modern Art), quelques héros (J.-M. Basquiat
, Keith Haring , Lenny Mc
Gurr.), quelques martyrs (notamment Mickaël Stewart, jeune
noir de 25 ans décédé des
suites de coups et blessures assenés par la brigade anti-graffiti
de New York) et un programme
draconien et gigantesque de nettoyage du métro (le Clean
Car Program,
engloutit 52 millions de dollars durant cinq ans), le phénomène
décroît et tend à disparaître
dans la fin des années 80.
A la même époque, en 1986 (soit 10 ans après
le début du phénomène américain)
apparaissent les premiers tagueurs français qui opèrent
selon un mode similaire à celui
utilisé avant eux par les jeunes américains, mais
sans la revendication territoriale qui
sous-tendait laction de ces derniers.
Arrivée après la vague américaine, la vague
française sidentifie immédiatement aux
grands noms du tag américain. Mais la plupart de ceux-ci
ont, depuis, rapidement intégré
leurs techniques dans les circuits des diffusion officiels :
Futura 2000 (Lenny Mc Gurr) expose depuis 83 en France après
les USA et le Japon,
et travaille pour un affichage de la RATP .
Keith Haring expose en galerie dès 1981 dans le monde
entier et commercialise ses
personnages sur des produits dérivés, badges, maillots,
disques
Jean.-Michel Basquiat, (dit SAMO pour Same Old Shit), expose
lui aussi en Suisse et
au Japon dès 1981
Ces ex-tagueurs, « post-graffitistes » reconnus,
servent de modèles aux premiers graffiteurs
français.
A linverse des USA où le tag est issu dun
mouvement social populaire, le mouvement
du tag samplifie en France à partir de cette «
élite » graphiste française (Speedy
Graphito, Costa, Mesnager
) déjà identifiée
par le monde de lart.
Jusquà aujourdhui, la pratique du mur peint
et celle du graff se sont peu croisées.
Pourtant « on fait le même métier queux
» disait un jeune tagueur sur TF1, justifiant
par-là qu« on ne tague pas sur les murs peints
».
Cest à ce point vrai que la commande publique dun
mur peint trouve parfois sa justification
dans la protection contre les tags !
Pourtant, on constate une évolution dans la maîtrise
des graffitis pour qui pourrait
renouveler la technique du mur peint. A Lyon, par exemple, nombre
rideaux de fer et
devantures de magasins du quartier de la Croix Rousse, ont été
graffités à la demande
de leurs propriétaires, pour éviter par la suite
le « tag sauvage ». : un code moral interdit
en effet, en théorie, à un tagueur de surajouter
son signe au graff réalisé par un autre.
Initialement entièrement réalisées à
la bombe aérosol, ces peintures sont parfois,
désormais, complétées au pinceau, au pochoir,
à la brosse
pour devenir ce que lon
appelle parfois des « picturo-graffiti »
Cette mixité de techniques les rapprochent de plus en
plus du mur peint, le tag étant
réduit à létat de signature pour laisser
au graff, figuratif, lessentiel de la surface peinte.
Picasso évoquait devant Brassaï, grand photographe
de graffiti, ceux quil avait laissé
sur les murs, et affirmait, lui aussi, en avoir copié
: « Quelle invention prodigieuse on y
trouve parfois
Ils mapprennent souvent quelque chose.
»
La pratique du mur peint pourrait-elle évoluer, du moins
techniquement, avec larrivée
de nouvelles technologies ? Quels seraient les risques liés
à ces évolutions ?
LIMPRESSION GEANTE
Née de la numérisation des images, elle permet
aujourdhui dagrandir nimporte quelle
image en nimporte quel format monumental, sur des supports
aussi variés que le tissu,
le pvc, le papier, lautocollant
Depuis une dizaine dannées, des images monumentales
ainsi imprimées sont tendues
dans la ville, en général par des messages publicitaires
et/ou informatifs de courte ou
moyenne durée.
Seul le manque de stabilité des encres aux ultraviolets
qui réduit leur durée de vie à
trois ou cinq ans, en limite, pour linstant, lusage
extérieur.
Aujourdhui il existe même un prototype de «
machine à peindre », conçue sur le
principe de ces imprimantes géantes, mais se déplaçant
sur une façade verticale, et
dont les quatre buses.(quadrichromie) peuvent projeter de la
peinture acrylique sur un mur !
De même que la technologie numérique permet à
nimporte qui, muni dun programme
de création musicale, de produire nimporte quelle
cacophonie sil nest pas musicien,
le risque engendré par ces techniques serait alors de
produire, à moindre coût, des
oeuvres, avec une apparente facilité, en oubliant limportance
de la nécessaire adaptation
au site appelé à les recevoir.
On la vu, le mur peint nest pas simplement lagrandissement
dun tableau, ni même
dune maquette spécialement conçue pour ledit
mur. Techniquement, le muraliste
adapte son travail aux conditions trouvées sur place,
durant la réalisation, quelles
soient liées à la structure et nature de la construction,
à lensoleillement et aux jeux
dombres, ou encore au besoin de multiplier les points de
vue. Socialement, son travail
trouve toute sa portée dans la concertation avec le public
avant et pendant la mise en
oeuvre.
« Les muralistes communautaires affirment que lesthétique
et la politique fusionnent
dans leurs oeuvres et ils ont raison .Alors que la théorie
classique de lart « historique »
disjoint le sujet (le peintre) et lobjet (ce qui est peint)
; tandis que lart avant-gardiste
accentue cet écart et prône la suprématie
de la subjectivité (par exemple dans lart con -
ceptuel), le muralisme communautaire englobe les deux, ce qui
constitue la base de la
politique progressiste. Les « sujets » peignent leurs
murs avec leurs expressions, leurs
aspirations et leurs préoccupations propres. Il y a «
objectivisatio » dès linstant où le
mur concrétise les pensées et les sentiments de
la communauté, mais il ny a pas dal -
iénation, pas de scission entre eux, en tant que sujets
contrôlant espace et méthode, et
eux-mêmes en tant quobjets représentés
dans lespace.
MURS-LUMIERES
De plus en plus de villes (à linstar de Lyon) séquipent
dun plan de mise en lumières
spécifiques, adapté à ses ouvrages dart,
bâtiments, monuments, sur des quartiers
entiers.
Les éclairages autrefois réservés à
la scène existent aujourdhui, pour beaucoup, en
version « extérieure » permettant toute une
gamme de « créations-lumière » sur
des
façades de bâtiments.
Gérées par un programme informatique, ces sources
lumineuses peuvent varier en
intensité, couleur, direction, largeur du faisceau, découpage
La couleur pure, chère aux impressionnistes se passerait-elle
dès lors des matières
inertes que sont la toile, le mur et les pigments, pour nêtre
plus que Lumière ?
LA PROJECTION GEANTE
Des écrans de télévision à plasma,
qui dépassent 4 m? se posent de nos jours au mur,
comme un tableau. Les projecteurs numériques animent de
façon très convaincante
des murs intérieurs de plus de 20, 30 ou 50 m?.
En extérieur et au format monumental, des écrans
géants à diodes diffusent images
télévisées et cours du Nasdac sur les murs
de New York. Nimporte quel Salon de lAuto
diffuse des films numériques sur des écrans à
diodes de 100 ou 200 m?.
Limage est de parfaite qualité, elle est animée
et le programme modifiable à volonté.
En 1982 déjà, le cinéaste Ridley Scott,
dans « Blade Runner », nous offrait une vision
du futur, où des écrans géants, transportés
par des dirigeables, traversaient continuellement
la ville en lilluminant de vastes fresques publicitaires
De cette première partie historique, nous pouvons tirer
quelques repères :
Sous forme pariétale, le mur peint est la plus ancienne
expérience artistique connue à ce jour.
Pratiqué sous pratiquement toutes les latitudes, le mur
peint est une pratique commune
à presque toutes les civilisations
La pratique du mur peint perdure tout au long de lhistoire
mais de manière inconstante
: elle connaît des phases de fort développement,
entrecoupées de périodes
de déclin
Le mur peint occidental contemporain, détaché du
sacré, est issu de la contestation
sociale et du militantisme artistique, et inspiré par
le mouvement mexicain des
années 20/40.
La pratique du mur peint renaît en France et dans de nombreux
pays dEurope,
depuis les années 70 de manière spontanée,
et depuis les années 80 de manière
assistée par la commande publique.
On ne peut parler , en Europe, de la prise en compte des aspirations
dun public concerté
et participant, quà partir de la fin des années
70.
Le mur peint est aujourdhui un mode dexpression où
lesthétique et le social se
lient, en diverses proportions
De nouvelles technologies émergent qui pourraient révolutionner
le concept de mur
dimages.
.
|
a.... r ....
t .... - .... g....
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c .... i
.... a ....
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.... o....
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 |
LES
DIFFERENTS MOUVEMENTS ARTISTIQUES:
Abstraction lyrique
Académisme (style Pompier)
Art brut
Art informel (Action Painting)
Art cinétique
Art conceptuel
Art concret
Art corporel (Body Art)
Art informatique
Art naïf
Art nouveau
Art pauvre
Art rupestre
Avant-gardisme
Bambochade
Baroque
Classicisme
Cobra
Constructivisme
Cubisme
Dadaïsme
De Stijl
Divisionnisme
Expressionnisme
École du Danube
Fauvisme
Figuration libre
Futurisme
Gothique
Hyperréalisme
Impressionnisme
Land Art
Maniérisme
Minimalisme
Modernisme
Naturalisme
Peinture néoclassique
Néo-géo
Néo-plasticisme
Néoplatonisme médicéen
Néo pop
Nouveau réalisme
Nouvelle illustration
Op Art
Orientalisme
Orphisme
Oupeinpo
Outer-Art
Paradoxisme
Peinture murale
Pointillisme
Pop art
Post-impressionnisme
Postmodernisme
Post cubisme
Préraphaélisme
Purisme
Réalisme
Rectoversion
Rococo
Rondisme
Spatialisme
Suprématisme
Surréalisme
Trompe-l'il
Tropicalisme
Symbolisme
L'ART
& LA TECHNIQUE
.
Techniques de peinture acrylique
La peinture acrylique,
un médium moderne disponible de façon générale
depuis les années 60, est devenu très populaire
grâce à sa grande polyvalence. Elle est faite de
pigments, d'eau et d'un lien acrylique qui forme, une fois sec,
un film solide et clair quand l'eau s'est évaporé.
C'est le film transparent qui laisse refléter la lumière
sur les pigments à l'intérieur et lui donne sa
brillance. L'acrylique sèche très rapidement ce
qui vous évite d'attendre avant d'entreprendre l'application
d'une autre couche.
Son film est plus flexible que les autres média et il
ne craque pas. Les acryliques sont résistantes à
l'eau une fois sèches ce qui implique que vous pouvez
peindre sur une couche sans affecter la couleur déjà
appliquée.
La couleur de sera
pas délavée par un pinceau humide contrairement
à l'aquarelle. Pour diluer la couleur simplement y ajouter
de l'eau. Le ton de l'acrylique s'assombrit en séchant
contrairement à l'aquarelle qui elle pâlit. Il faut
en tenir compte dans vos mélanges. Vous pouvez utiliser
l'acrylique très diluée pour un effet aquarelle
ou directement du tube pour un sentiment de peinture à
l'huile. Ne croyez pas que l'acrylique n'est qu'une pâle
imitation des autres médias. C'est un médium fascinant
qui a ses propres règles et qui est utilisé de
multiple façons par des artistes professionnels.
Technique
acrylique aquarelle
En diluant l'acrylique avec une petite quantité d'eau
et du médium acrylique, la peinture peut être utilisé
comme une aquarelle transparente. Le fluidifiant acrylique donnera
à la peinture la consistance de l'aquarelle mais maintiendra
la force de la couleur.
Comparaison
avec l'aquarelle:
1- Comme l'acrylique
est résistante à l'eau une fois sèche, on
peut repeindre sans affecter la couleur de la couche précédente.
2-Pour cette même raison, il n'est pas nécessaire
d'encadrer sous verre une oeuvre à l'acrylique.
Pour une protection
supplémentaire il est recommandé d'appliquer un
vernis qui pourra être enlevé lors d'un nettoyage.
Technique
acrylique comme l'huile
Quand elle est utilisé directement du tube, la peinture
acrylique à une consistance très similaire à
celle de la peinture à l'huile. Comme l'huile, elle laisse
paraître les coups de pinceaux ou de couteaux, vous permettant
de créer une grande gamme d'effets et de textures sur
la surface.
Comparaisons
avec l'huile:
1-L'acrylique sèche rapidement. On peut généralement
appliquer une autre couche en une heure.
2-Une fois sèche,
l'acrylique reste très flexible ce qui implique que l'on
peut peindre sur la plupart des surfaces non brillante et non
graisseuse sans craquelure ni se séparer. Les couleurs
peuvent être appliquées en couches épaisses
et, avec quelques précautions, une fois sèche,
la toile peut être roulée.
3-L'acrylique ne requiert pas de sous couche avant d'être
appliquée sur le papier, le coton, le lin ou le bois contrairement
à l'huile.
4-Parce qu'on peut
les diluer à l'eau même une fois sèche les
couleurs acryliques peuvent être retirées du pinceau
ou de la palette avec de l'eau et du savon. Il faut toutefois
le faire soigneusement afin d'éviter que des résidus
ne restent collés et endommagent les pinceaux.
5-L'acrylique,
une fois sèche, est résistante à l'eau.
Elle est donc parfaite pour les murales et les couleurs gardent
leur brillance au fil des ans.
Comment utiliser
l'acrylique
Comme mentionné plus haut, avec la technique aquarelle
vous devez diluer la peinture avec de l'eau (ou du médium)
comme vous le feriez pour des lavis à l'aquarelle. (Travaillez
rapidement parce la peinture sèche très vite).
Il faut peindre du plus pâle au plus foncé comme
vous le feriez en aquarelle. Avec la technique de peinture à
l'huile, utiliser la peinture de façon plus opaque et
travaillez du foncé au pâle.
C'est une bonne
idée de faire un lavis sur l'ensemble de votre espace
à peindre avant de commencer. Ceci aide à donner
un effet d'ensemble à votre tableau.
L'acrylique peut
aussi servir pour la technique d'empâtement ce qui implique
de travailler avec d'épaisse couches de peinture superposées
et texturées au lieu d'une surface douce et plate. Avec
cette technique d'empâtement vous pouvez faire des gazons
ou des rochers pratiquement en trois dimensions du premier jet.
L'acrylique est
excellente aussi pour les portraits texturés et une grande
variété de techniques donnant plusieurs effets.
Pour une surface rugueuse, appliquez un ton plus clair sur un
décor foncé avec un pinceau sec et de la couleur
pure. Une succession de glacis avec une peinture diluée
peut aussi donner des effets intéressants, alors qu'un
grand empâtement est bon pour suggérer des textures
de plâtre ou de stuc.
Les couteaux à peindre peuvent produire des marques craquantes
qui sont parfaites pour l'écorce ou le feuillage d'arbre.
Expérimentez ! En général en travaillant
rapidement et librement vous garderez votre peinture libre et
spontanée. Après tout, vous pouvez corriger facilement
si vous perdez le fil!
Approche
technique
Ce chapitre se
consacre à vous signaler les quelques principales possibilités
de techniques à utiliser sur le support qui est fourni
(toile souple en pvc).
Il énumérera les caractéristiques propres
à chaque technique proposée et développera
leur potentiel.
Peinture "
en épaisseur".
Nous voulons parler ici de la technique la plus courante, la
plus souvent rencontrée. Celles qui utilisent la peinture
quasiment dans leur consistance initiale à la sortie du
tube ou du pot.
La grande vertu
de cette technique réside dans le pouvoir opacifiant de
la couleur que vous utiliserez, pure ou mélangée.
Attention, vous devez savoir quune couleur ne recouvre
pas forcément une autre en un seul passage, sachez en
profiter pour modeler vos couleurs directement sur la toile en
laissant apparaître délibérément les
couleurs que vous recouvrez. Faites jouer les couleurs de fond
avec celles qui sont situées plus en surface.
Les outils que vous pouvez utiliser sont innombrables, la brosse
et le pinceau étant les plus couramment utilisés.
Avec cette technique, cest la maîtrise de la touche
et du geste qui déterminera le caractère de luvre.
Nous lappelons la facture ou lécriture .
Vous pouvez par exemple peindre de manière gestuelle,
en accusant les mouvements des bras qui balayent, avec la brosse
chargée de couleur, de grands espaces en provoquant des
éclaboussures. Vous pouvez, également, travailler
par petites touches successives qui par exemple, seront toujours
inclinées de la même manière ou encore, procéder
par grands aplats...
Nous vous conseillons
de prévoir une protection du sol et une salopette ou un
tablier pour vos vêtements.
Toutefois, faites
encore attention à ne pas marcher dans les éclaboussures
de peintures qui risqueraient dêtre exportées
dans les locaux voisins au gré de vos pas.
Aussi, puisque la peinture, ça coule, nous vous recommandons,
si vous navez pas lhabitude, de coucher votre toile
pour létape de peinture après avoir préalablement
placé votre composition à laide dun
léger tracé sur la toile cette fois placée
verticalement face à vous.
Outillage:
Brosse, pinceaux,
ou autre outil selon votre projet et vos préférences.
Chiffons pour vous nettoyer les mains.
Eau pour diluer sensiblement vos couleurs si vous le désirez.
Un évier à portée de main
Beaucoup de récipients avec couvercles pouvant contenir±
0,75 l et quelques assiettes en plastique pouvant vous servir
de palette de peintre pour faire vos mélanges.
Une ou deux escabelles pour les artistes de petite taille.
Salopette ou tablier
Et enfin la peinture, autrement dit, les couleurs.
Nous vous recommandons la peinture acrylique de Levis.(acrylevis-satin)
Sans oublier votre large brosse et votre primer acrylique pour
apprêter la toile PVC.
Oû se fournir ?
Chez les marchands
darticles dits de Beaux-Arts, grandes surfaces de bricolage
et marchands de peinture.
Peinture
à laérosol
Cette technique, beaucoup plus propre et plus pratique que la
plupart des autres, peut savérer plus coûteuse
si vous pensez saturer toute votre toile de couleurs.
Ici vous naurez
pas à toucher la toile avec loutil, puisque la peinture
est transférée sur la toile par projection, comme
:
la technique
de laérographe
LAérographe
a été inventé en 1893 par lAméricain
Charles L. Burdick, qui traversa lAtlantique et qui fonda
près de Londres la « Fountain Brush Company ».
Il lança sur le marché la première série
duvres effectuées à lAérographe.
A cette époque,
les uvres à lAérographe étaient
mal vues, non pas parce quelles manquaient de qualité
artistique, mais parce quelles étaient réalisées
à laide dun outil mécanique.
LAérographe
survécut des années dans le domaine de lart
commercial en tant quinstrument utilisé pour retoucher
des photographies, exécuter des affiches et illustrer
des annonces publicitaires, ce qui le plaça définitivement
hors du domaine des Beaux-Arts.
Au cours des années
60 est né le Pop Art, mouvement artistique inspiré
des images de la publicité et de lart commercial
qui sans aucun préjugé a utilisé tous les
moyens dexpression artistique : huile, acrylique, vernis
et émaux, sérigraphie, Aérographe.
En 1972, une nouvelle
forme dexpression artistique a acquis ses lettres de noblesse,
elle sest appelée Hyperréalisme, cest-à-dire
le réalisme porté à la plus grande puissance.
Il va sans dire
que lAérographe sadaptait parfaitement à
un style qui, tel lHyperréalisme, se caractérisait surtout
par la netteté et la finition impeccable des images.
Cette nouvelle
forme dexpression artistique a définitivement ouvert
à lAérographe les portes des Beaux-Arts,
portes infranchissables jusquaux années 80.
Pour l'histoire
Nous sommes loin
aujourd'hui des méthodes rudimentaires d'aérographie
qui consistait à envoyer des pigments colorés au
moyen de roseaux ou d'os creux... La technique s'est peaufinée
avec le temps et c'est en 1893 avec Charles Burdick (peintre
aquarelliste) que tout commence vraiment. Cet artiste construisit
le premier aérographe. Dans les années 1900, l'aérographie
se limitait à la retouche de photographies. Dans les années
30, les premières oeuvres font leurs apparitions dans
les illustrations, les affiches... des noms comme Bayer, Masseau.
Dans les années 40, pendant la Seconde Guerre Mondiale,
cette technique prend son essor mais à la fin de la guerre
on l'utilise plus dans le cinéma (dessins animés
et SF).Au milieu des années 60, cet instrument connaît
de plus en plus d'intérêt par les artistes.
Technique
Cela sous-entend
une maîtrise suffisante de lusage de la bombe aérosol.
Nous vous conseillons donc de passer au préalable et en
guise dexercice, quelques coups de bombe sur de vieilles
feuilles que vous maintenez verticalement.
Observez les effets
que vous obtenez lorsque vous éloignez ou approchez votre
outil, lorsque vous le retournez, pas vers vous, bien entendu,
mais avec le bec propulseur vers le bas.
Aussi, il faudra choisir de repasser sur une ligne plutôt
que dessayer davoir tout de suite lintensité
souhaitée, cela vous évitera des coulées
qui se mettront à pleurer dès que vous aurez le
dos tourné.
La qualité de votre ligne peut être choisie grâce
à différents embouts quil est possible de
trouver chez certains spécialistes.
Les pochoirs ou
tout autre instrument de masquage vous permettent dobtenir
une "écriture" très caractéristique,
il suffit de voir comment fut réalisée la célèbre
peinture de la main des grottes de Lascaux. Cest une vraie
main qui a servi de pochoir, qui a barré la route à
la projection de pigments et qui sest laissé imprimer
en négatif sur la paroi rocheuse.
La pratique de
la bombe sest développée chez les jeunes
ces dernières années. Ils ont créé
leur propre style : le « Graffiti ».
Néanmoins, avec cet outil, vous pouvez réaliser
dautres univers visuels que celui du graffiti, ne lésinez
pas sur votre pouvoir de créateur.
Outils
nécessaires :
Bombes aérosol et support uniquement.
Attention : Choisissez des sprays cellulosiques. Les sprays acryliques
sont à proscrire (ils ne sèchent ni sur la toile,
ni sur le primaire).
Papier, carton à découper et ciseaux ou autre encore,
pour la fabrication de vos pochoirs.
Un peu de thinner pour enlever quelques taches.
Espace en extérieur ou local bien ventilé
Une ou deux escabelles pour les artistes de petite taille.
Sans oublier votre large brosse et votre primer acrylique pour
apprêter la toile PVC.
Où se fournir ?
Dans les grandes surfaces de bricolage et les quelques marchands
spécialisés de peinture pour carrosserie.
Peinture
au lavis, aquarelle, glacis
Comme vous lapprendrez sous la rubrique réservée
aux couleurs, les couches de fonds interfèrent les couleurs
et valeurs des couches qui les recouvrent dans la mesure où
une couleur ne parvient quasi jamais à recouvrir de manière
totalement opaque lautre. On vous encourage à profiter
de ce phénomène si vous choisissez de peindre,
par exemple, avec une technique courante que nous avons intitulée
ici plus haut, la technique de la "peinture en épaisseur".
Dans le cas de
la peinture au lavis ou aquarelle, cest justement ce phénomène
dinterférence, dinterpénétration
et de transparence des couleurs, qui, exploitée avec une
certaine méthode, définit la technique du jeu.
Il vous suffit
de fortement diluer chaque couleur que vous comptez utiliser
avant leur application sur la toile ou encore, pour obtenir un
meilleur rendu, utilisez des encres colorées.
Comparable à la tache de café que vous laissez
sécher sur une toile cirée, votre couleur liquide
laissera sa subtile teinte sur le support.
Évidemment, pour vous permettre de peindre sans avoir
dénormes coulées, vous devrez travailler
avec votre support couché sur le sol.
Nous vous conseillons de ne pas travailler avec une peinture
trop liquide, cela vous évitera dattendre de nombreuses
heures pour quelle sèche. Le résultat sera
celui escompté, pourvu que votre couleur ait son taux
de transparence.
En travaillant par couches successives et en laissant entre chacun
de leur passage un temps de séchage suffisant, vous obtiendrez
ce que lon appelle des glacis.
Si vous choisissez
malgré tout dutiliser des couleurs plus liquides,
malgré le désavantage de devoir attendre leur séchage,
elles apportent un intérêt plastique supplémentaire.
Le pigment en flottaison dans son liquide aura tendance à
se déplacer par capillarité vers les bords de votre
touche de pinceau, pour se déposer au gré du séchage
et marquer une limite à votre touche, appelée le
dépôt.
Attention, si vous
ne prenez pas la peine dattendre suffisamment longtemps
entre chaque couche ou passage de couleurs, fort liquide ou pas,
vous nobtiendrez rien de mieux quune peinture ternie
par le mélange successif de toutes vos couleurs, elles
se mélangeront sans cesse sur la toile.
Outils nécessaires
:
Pinceaux assez souples et de largeurs différentes.
Chiffons
Evier à portée de main
Récipients avec couvercles pouvant contenir± 0,75
l et quelques assiettes en plastique pouvant vous servir de palettes
de peintre pour faire vos mélanges.
Salopette ou tablier
Espace au sol (sans humidité) qui peut rester encombré
quelques jours par luvre en train de sécher.
La peinture, autrement dit, les couleurs.
Nous vous recommandons la peinture acrylique de Levis ou des
acryliques plus fines que vous trouverez en tube ou en pot.
Sans oublier votre large brosse et votre primer acrylique pour
apprêter la toile PVC.
Où se fournir ?
Dans les mêmes magasins que pour la technique de peinture
dite "en épaisseur". Mais vous devez prévoir
moins de couleur et plus de diluant.
Pastel
gras
Le pastel gras se prête bien à la réalisation
de dessins pas trop grands. Par exemple : une fresque où
chacun aurait son propre espace à remplir (le tout composant
une grande image), ou une bande dessinée où les
images (les cases) seraient de tailles assez moyennes.
Le pastel "commun"
produit un trait dont la largeur excède rarement 1 cm,
il est bien sûr possible de le tenir "sur la tranche",
pour obtenir un trait plus épais, mais cette méthode
"consomme" beaucoup de pastels. La solution la plus
souvent utilisée consiste à repasser plusieurs
fois sur le trait en veillant à lélargir
plus ou moins par endroits.
Remplir une surface
de maximum 8 m2 avec du pastel nest quasi pas envisageable,
sauf si vous possédez un budget important et que vous
avez le tempérament dun ascète. Nous vous
conseillons donc de jouer avec les blancs de la toile, en laissant
de grandes zones vierges ou en ne couvrant que très modérément
des parties telles que les fonds et autres grandes surfaces,
ou encore en utilisant une autre technique pour traiter ces grands
espaces.
Les mélanges
de couleurs sont faciles à réaliser et sobtiendront
directement sur la toile, en repassant une couleur sur une autre
ou en mélangeant les couleurs à laide dun
chiffon, ou de votre doigt (ou votre main...), humidifié
ou non, ce qui créera des effets de dégradés
et de transparence.
Si vous envisagez
dutiliser les pastels gras, il serait peut-être bon
de vous renseigner quant aux prix et possibilités dachat
"en gros" des pastels : ceux-ci sont, en général,
vendus dans des boîtes "pour artistes" comptant
une multitude de couleurs différentes (faciles à
obtenir par mélanges...) qui coûtent souvent très
cher. Par contre, il est tout à fait possible, dans certains
magasins spécialisés, dacheter les pastels
"à la pièce", par couleurs, ou par tailles...
Bien que votre consommation en pastels risque dêtre
importante, cette technique est proche de lutilisation
des crayons de couleurs, donc facile à appréhender
par tous, (très intuitive) et peu salissante...
Il ne faudra pas
oublier de vernir la toile, principalement pour protéger
et fixer la couche de pastel. Pour cette étape, nous vous
conseillons de coucher la toile au sol et déviter
de repasser plusieurs fois sur votre dessin pendant lapplication
du produit ; le pastel peut avoir tendance à se dissoudre
dans le vernis.
Outils nécessaires
:
Des pastels gras
Des chiffons
Des pinceaux brosses (très larges) pour vernir votre toile
Quelques pots pour leau dans laquelle vous nettoierez vos
pinceaux
De leau
Une ou deux escabelles pour les artistes de petite taille.
Sans oublier votre large brosse et votre primer acrylique pour
apprêter la toile PVC.
Et pour fixer le pastel (étape obligatoire), employez
un vernis polyuréthane pour extérieur, incolore.
Où se fournir ?
Pour les pastels gras : dans les grandes surfaces qui possèdent
un rayon "matériel scolaire" (pastels de qualité
moyenne), les papeteries, les magasins de fournitures artistiques...
Pour les pinceaux et le vernis : toute grande surface de bricolage
et les marchands de couleurs.
Collage
Méthode : Lapproche la plus simple consiste à
composer votre image de manière globale à la verticale,
en maintenant les différents éléments au
moyen de papier collant ou dépingles, et densuite
coucher la toile pour coller tous les morceaux (voir à
ce propos la section "Support couché/support debout"),
et affiner votre collage.
Des résultats heureux peuvent êtres obtenus par
la conjugaison de peinture et de collage (la peinture pouvant
même quelquefois servir à coller des matériaux,
ainsi que le vernis polyuréthane de protection pour lextérieur).
Matériaux
:
La colle est importante
; elle doit sécher rapidement, ne pas détériorer
la toile, ... Nous vous conseillons une colle à l'eau
vendue en pot, qui existe dans plusieurs marques, et dans plusieurs
qualités. Pour citer un exemple : la colle Ovalit M
vendue dans les surfaces Brico .
lépaisseur
de votre uvre ne doit pas contraindre son enroulement.
La nature de vos matériaux doit simplement saccommoder
de la colle que vous utiliserez, la qualité de celle-ci
est la seule limite quant au choix de ces matériaux.
Ci-après une liste de matériaux pouvan tvous inspirer
: papiers peints, papiers demballage, papier journal, tissus,
dessins, plastiques divers, papiers transparents (calques, ...),
photographies, emballages divers, affiches et images, feuilles
de couleurs ; matières végétales, feuilles,
paille, herbes, roseaux, fleurs ; cordes, fils, lacets, câbles,
filets, autocollants, etc...
Attention : Puisque
votre uvre sera exposée plusieurs jours à
lextérieur, il faudra prévoir de vernir toutes
les parties risquant de se gâter par un mauvais temps.
Utilisez un vernis polyuréthane (transparent) pour extérieur.
Où
se fournir ?
Colles : dans toutes les grandes surfaces de bricolage et chez
les quincailliers
Matériaux : nous vous conseillons dutiliser des
matériaux de récupération, en proscrivant
toutefois les matières périssables, pouvant engendrer
des moisissures (végétaux encore verts, ...).
Approche
plastique
Ligne
et surface
Vous pouvez créer votre image par une composition faite
uniquement de lignes.
Ces lignes droites, courbes, en lacet, en pointillé, courtes
ou longues, tremblantes, variantes dans lépaisseur,
floues ou nettes, ... structureront votre toile.
Les espaces que vous obtenez entre ou derrière ces lignes
deviennent alors des surfaces qui peuvent rester vierges ou être
travaillées, soit en aplat dune couleur, soit en
taches de couleurs variant légèrement de couleur
ou de tonalité, soit en dégradé, ...
Vous pouvez aussi,
à linverse, directement peindre et structurer toute
votre image par des étendues de couleurs, par des surfaces.
Ces étendues peuvent alors êtres travaillées
de manière à rendre un effet que vous recherchez
pour la représentation de votre sujet.
Par exemple : une surface peut être travaillée de
manière gestuelle par de larges mouvements déponge
ou de manière plus nerveuse par des quantités de
petites touches successives de couleurs ou restée très
calme en sétendant par de très légers
nuages de couleurs.
La ligne existe
aussi, là ou vous arrêtez votre surface. Si vous
juxtaposez deux étendues de couleur différentes,
la limite dune étendue devient la limite de lautre
et constitue alors aussi une ligne.
Toutefois la nuance qui réside entre une définition
de la ligne et celle de la surface semble parfois étroite
et équivoque. En effet, plus une ligne sépaissit
plus elle aura tendance à devenir une surface à
laquelle on sera tenté de donner une texture, une matière.
Par contre une surface en passant par létat dune
bande peut à son tour devenir, petit à petit, une
ligne.
On parlera en général
de dessin pour exprimer une image faite à laide
de ligne. Vous pouvez, par exemple, choisir dobtenir limage
dun champ de tournesol uniquement à laide
de lignes et de traits.
Tandis que pour exprimer une image obtenue par des étendues
de couleurs, on parlera en général dune peinture.
Couleurs
Si vous décidez de vous lancer dans une grande composition
qui suppose lutilisation de toutes les couleurs perceptibles
à lil, nous vous conseillons, si vous ne les
connaissez pas, de vous baigner dans les rudiments de la théorie
des couleurs, ils vous seront indispensables et vous éviteront
de consacrer un budget énorme à lachat de
trente-six mille pots ou tubes de couleurs différentes.
Les couleurs
primaire et secondaires :
En somme, il sagit de savoir comment obtenir toutes vos
couleurs avec seulement 3 couleurs de base + le noir et le blanc.
Ces 3 couleurs sont appelées couleurs primaires et sont
:
le ROUGE MAGENTA, le CYAN et le JAUNE "CITRON"
Chaque mélange de deux dentre elles produit ce que
lon appelle une couleur secondaire :
ROUGE+ BLEU
= VIOLET
ROUGE + JAUNE = ORANGE
BLEU + JAUNE = VERT
Avec cette base
de mélanges et en utilisant aussi le noir et le blanc,
vous pouvez obtenir toutes les autres couleurs.
Par exemple :
OCRE = ± 92 % de jaune + 6 % de rouge + 2 % de noir pour
léclaircir, ajoutez du blanc
BRUN = ±
65 % de jaune + 29 % de rouge + 9 % de noir
BORDEAUX = ±
94 % de rouge + 6 % de noir
ROSE = ±
6 % de rouge + 94 % de blanc
BLEU OUTREMER =
± 80 % de bleu cyan + 12 % de rouge + 8 % de noir
Les couleurs
rompues ou assourdies :
Ne perdez surtout pas de vue que les couleurs telles quelles
sortent du tube, bien que souvent attrayantes, sont très
rarement celles que vous rencontrez si vous regardez la nature
autour de vous. Le plus souvent, il sagit de couleurs rompues
ou assourdies, cest-à-dire une couleur avec un peu
de blanc et un peu de noir par exemple. Pour mieux comprendre
cette notion, essayez de voir les couleurs autour de vous comme
des couleurs grises qui sont de plus en plus colorées
plutôt que comme des couleurs vives qui sont atténuées.
Ceci dit, rien
ne vous empêche de produire une image très vive
et éclatante sans vous soucier dune analogie à
la nature.
Une formule simple
pour donner une harmonie colorée à votre image
consiste à choisir une couleur ambiante, voire dominante.
Cette couleur choisie, sera celle que lon retrouvera, à
dosages différents, dans tous ou quasi tous les mélanges
que vous appliquerez sur la toile.
Par exemple, si vous peignez un flamant rose dans une flore très
verdoyante, nhésitez pas à introduire un
peu de vert dans le rose prévu pour le corps de votre
échassier, celui-ci sera mieux intégré à
son environnement.
Les couleurs
chaudes et froides :
Il existe aussi dans la théorie des couleurs la notion
des couleurs chaudes et des couleurs froides. Chacun des deux
groupes appartenant à une moitié de larc-en-ciel.
Les couleurs froides sont celles qui vont du bleu au vert.
Les couleurs chaudes sont celles qui vont du jaune au rouge.
Il est important
de connaître cette distinction car elle vous permettra
de gérer la profondeur dans limage, sachant que
les couleurs froides ont tendance à reculer et les chaudes
à avancer. Par exemple, si vous mettez un aplat vert à
côté dun rouge, cest laplat vert
qui vous semblera derrière le rouge.
Ces effets de profondeur
obtenus par lusage des couleurs froides et chaudes peuvent
être appuyés par lusage du blanc ou du noir
dans vos mélanges, qui éclairciront ou fonceront
votre couleur.
Plus la couleur est foncée, plus elle recule, plus elle
senfonce, et inversement, plus elle est claire, plus elle
arrive vers vous et semble se placer en avant de limage.
Aussi, il vous
est loisible dexécuter votre uvre en une couleur,
ou den choisir deux ou trois et ainsi, de travailler votre
image par une présence plus importante des valeurs de
claire (vers le blanc) et de foncer (vers le noir) de ces couleurs.
Couleur de
fond :
La couleur que vous rencontrerez en premier lieu et avec laquelle
vous devrez traiter sera celle de votre toile en pvc, en loccurrence
le blanc. Cest ce que lon entend, quand on parle
de la couleur de fond. La couleur de fond se révèlera
présente chaque fois que vous viendrez avec une nouvelle
couleur sur une surface. Cette surface, déjà investie
par une étendue de peinture ou non, nest jamais
vierge.
En effet, si vous
étalez une couche de peinture dune autre couleur
que celle de la surface que vous recouvrez, il est très
rare de ne pas voir la couleur du dessous transparaître.
Disons que quasi aucune peinture na un pouvoir dopacité
suffisant pour parvenir à cacher celle quelle compte
recouvrir. Dans le cas dune uvre, cest tant
mieux car vous avez grâce à cela, un moyen supplémentaire
pour travailler vos couleurs. Vous pouvez les façonner
directement sur la toile et ainsi contrôler leur transparence
en les rendant plus ou moins liquides ou en lappliquant
de manière différente.
Clair-obscur
Le plus souvent presque monochrome ou de tons très rompus,
le clair- obscur désigne une image où le sujet
est rendu présent en observant lombre et la lumière.
Il nest pas
négligeable, pour la qualité dune image,
de se rendre compte que le fait de voir les choses autour de
nous sous-entend la présence de la lumière. Partant
de sa source, la lumière arrive sur un objet et éclaire
la partie face à celle-ci pour laisser les parties non
éclairées dans lombre.
Autant les parties éclairées que celles non éclairées
sont nécessaires pour révéler la présence
de lobjet.
Tout objet est un corps qui résiste variablement aux rayons
lumineux. Plus il résiste, plus il empêche la lumière
de le traverser et plus il dessinera son ombre sur le sol.
Nous lappelons lombre portée.
Répétitions
de motifs.
À travers toutes les cultures et civilisations, on peut
admirer des images composées par la répétition
de motifs, que cela soit des motifs abstraits, que ce soit des
signes, ou que ce soit des figurines.
À vocation
décorative, cette composition affirmera plus votre toile
comme une grande page de lecture et lespace que vous proposerez
au public sera plutôt frontal, sans ce souci de la perspective
propre à un paysage par exemple, pour laisser place à
un souci de la narration.
Vos sources dinspiration
peuvent être par exemple dans les peintures sur céramiques
chinoises, les batiks sur djellaba dune tribu dAfrique
du nord, les hiéroglyphes, nos papiers peints, les peintures
sur tipis des Indiens des plaines, ...
Synthèse
ou abstraction de la forme.
Dans certains cas, le recours à des formes simplifiées
peut savérer plus adapté.
Si vous choisissez de vous exprimer par la figuration de plusieurs
objets et personnages et que vous choisissez la technique du
papier collé par exemple, vous serez contraint de simplifier
vos formes. Dans ce cas, nous vous conseillons de faire quelques
petits dessins au préalable pour étudier la forme
la plus synthétique des sujets que vous voulez représenter.
Cela vous permettra de ne pas être dépassé
par trop de formes forts complexes à découper.
Certaines uvres
de Matisse sont de bons exemples pour démontrer lintérêt
plastique quapporte le travail de synthèse dun
personnage.
En vous évertuant à simplifier vos sujets, vous
parviendrez mieux à comprendre lespace quils
produiront sur la toile et vous maîtriserez ainsi plus
facilement la composition.
Composition
spatiale.
Même, si vous ne le faites pas exprès, il se peut
que vous structuriez votre image en empruntant un schéma
de composition connu, classique ou non.
La composition permet de faire tenir votre image adroitement
dans lespace de la toile. Il sagira de votre charpente,
de la structure indispensable à toute construction.
Le choix dune
composition dans certaines peintures ou dans certains courants
artistiques représente parfois un élément
très caractéristique et peut devenir très
signifiant pour faire passer le message dune image.
Malheureusement
il nest pas possible de vous faire part de tous les types
de composition existants.
En règle générale, la structure dune
image, sébauche à laide de grandes
lignes, axes principaux, qui divisent lespace de manière
géométrique.
Une bonne démarche
à acquérir consiste à considérer
les surfaces sombres et les surfaces claires dans votre image
comme étant aussi des éléments de structure.
Pour bien se rendre compte du champ daction de ces dernières
dans lespace de la toile, il est bon de regarder votre
image en essayant doublier votre figuration, comme sil
ne sagissait que de formes abstraites.
Pour vous y aider, observez votre image en fronçant les
yeux, regardez-la dans un miroir ou faites le poirier !!
Outils.
Qui dit outil, dit tout moyen pour transférer le médium
- peinture, encre, etc - sur votre substrat - en loccurrence,
la toile de pvc.
Les plus connus et les plus souvent utilisés sont les
brosses et les pinceaux, mais il est très important de
vous rendre compte quils ne sont pas les seuls instruments
possibles, loin de là.
Les doigts et les mains, les plus primitifs des outils, restent
une des solutions possibles. On pourrait aussi imaginer lutilisation
des pieds avec ou sans chaussures. Dailleurs, pourquoi
ne pas, appliquer la peinture avec des gants de ménagère
ou des gants jetables en latex ?
Choisir dautres moyens que le pinceau, peut savérer
parfois plus intéressant pour vous aider à réaliser
et obtenir un style propre à ce que décidez dexprimer.
Loutil peut
aussi devenir un accessoire tel que tout instrument de masquage,
pochoirs découpés dans du carton, ruban adhésif,
...
Pour en revenir
au pinceau, nous admettons évidemment quil demeure
lun des outils le plus souple et le mieux étudié
pour maîtriser le rendu de votre image en général.
Choisissez-les de tailles différentes et nhésitez
pas à passer de lun à lautre, cest
une discipline à acquérir, garante dun résultat
plus heureux que si vous gardez toujours le même pinceau.
Liste des outils
possibles : éponge, chiffon, raclette, empreinte de tout
objet, pinceau, brosse, bombe aérosol, façonnage
de cachet dans une pomme de terre, pastel gras, marqueur à
lalcool, découpe de pochoir, masquage au masking
tape, ...
Approche
stylistique.
Textes
et lettres
Ce qui suit sapplique plus spécifiquement à
la réalisation et à la reproduction de textes et
lettrages intégrés à votre travail, quil
sagisse dune histoire inventée par lun
dentre vous, dun travail collectif, de poèmes
ou de textes de réflexion, de légendes dimages,
de textes narratifs, du contenu dun phylactère,
de phrases courtes et accrocheuses, de slogans, etc. Évidemment,
certains conseils sont tout à fait applicables à
dautres formes dexpressions (voir ci-après),
libre à vous de laisser galoper votre créativité
!
Choix des
lettres :
Dessinez de préférence
vos lettres en "imprimé"(en majuscules), plutôt
quen écriture "manuscrite", cela donnera
plus dimpact à vos textes. Il serait peut-être
bon de partir de modèles de lettres
Pour rendre votre
texte percutant, rien de tel que de modifier la taille, la couleur,
la forme ou le dessin de certaines lettres, certains mots, de
les placer dans un cadre coloré, de les remplacer par
un petit dessin sympa, de les décorer, de faire des lettrines,
dajouter des symboles, ...
Choix de
la présentation :
Veillez à
définir lespace que va occuper votre texte ; tracez
des lignes horizontales (au pastel sec, ou à la craie)
sur lesquelles viendront se reposer les lettres ; si nécessaire,
tracez éventuellement une ligne correspondant au haut
des lettres (afin de conserver tout au long de vos phrases la
même hauteur de caractère). Attention : Il est conseillé
de tracer au préalable tout le texte à la craie
(ou au pastel sec, ou au fusain), pour se rendre compte de lespace
occupé par chaque mot. En effet, il arrive souvent quayant
prévu, par exemple, décrire une certaine
phrase sur une seule ligne, on se retrouve coincé au bout
de cette ligne avec trop de lettres à écrire pour
lemplacement restant, parce quon a été
trop généreux en espace dans les premiers mots
de cette phrase.
En bref, un traçage préalable des mots permet de
bien équilibrer le texte, et évite aussi les retouches
dues aux fautes ou aux oublis.
Dans le cas de
longues phrases, lidéal est de les placer en colonnes,
en blocs dont la largeur sera calculée afin déviter
aux lecteurs davoir à se déplacer le long
de la toile pour lire une seule phrase.
Songer à
la taille de la toile : les textes situés tout en haut
ou tout en bas ne seront pas aussi faciles à lire que
les autres, il faut donc les mettre en évidence dune
façon quelconque...
Pour simplifier
le travail, vous pourriez écrire vos textes sur une feuille
de dessin ou sur un transparent et les projeter sur la toile
à laide dun rétroprojecteur (pour les
transparents) ou dun épiscope (pour les feuilles
non-transparentes).
Cette méthode facilite la création du dessin et
sa reproduction sur la toile, ainsi que la composition générale
de la toile.
Techniques conseillées :
Toutes les techniques développées dans la section
"Approche technique", en début de fascicule,
sont utilisables...Il sagit ici plutôt dune
question de soin et de patience.
Outils conseillés
:
Pour la peinture : éviter les pinceaux trop larges qui
gâcheront la lisibilité de vos lettres, favoriser
les petits pinceaux, ronds ou plats, en fonction du type de lettres
que vous voulez obtenir.
La bombe aérosol est facile demploi, mais limite
en général les possibilités dinvention
de lettres, à moins de peindre en très grand, dutiliser
des pochoirs et des masques, ou de peindre façon "graffiti"
(voir cette rubrique).
Le pastel gras est plus fastidieux, mais permet la réalisation
de petits textes ; la toile (en PVC) devra ensuite être
vernie, pour protéger le pastel (voir la section "pastel
gras" dans lapproche technique).
Bandes Dessinées
Deux approches différentes peuvent être faites :
Reproduire :
Vous avez choisi
de reproduire certaines cases ou partie de cases dun album,
et de remplacer le texte des phylactères par un message
de votre cru.
Deux méthodes se proposent à vous :
La
reproduction par grille & La projection par rétroprojecteur
Dans les deux cas, une photocopie des images (agrandie si possible)
sera nécessaire ; soit sur papier ordinaire (épiscope),
soit sur transparent (rétroprojecteur). Une copie en noir
& blanc est certainement suffisante.
À laide
de lappareil de projection, situez limage correctement
sur la toile, ensuite repassez les traits noirs au crayon le
plus fidèlement possible, en essayant de respecter si
possible les pleins et les déliés de chaque trait
noir (cest-à-dire les variations de lépaisseur
des traits).
Si vous utilisez la méthode de la grille, reproduisez
le dessin sur la toile, avec le même soin pour le dessin
des traits noirs.
Ensuite, procédez
à la mise en couleurs (le noir des traits sera mis tout
à la fin), en commençant par les couleurs claires,
puis les couleurs sombres, veillez à laisser visibles
les traits dessinés au crayon. Peignez le noir des traits
en dernier lieu, en respectant les pleins et déliés,
ainsi que leur épaisseur en proportion de la taille du
dessin.
Pour le traçage
du texte dans le phylactère, reportez-vous à la
section "Textes et lettres".
Raconter
:
Personnages et décor : pour raconter une histoire, vous
pouvez soit reprendre des héros existants, soit en créer
vous-même. De prime abord, il semble plus facile de recopier
simplement des personnages connus de tous en les insérant
dans une nouvelle histoire, il nen est rien. Pour obtenir
leffet désiré (cest-à-dire des
personnages reconnaissables), il faut bien sûr parvenir
à reproduire avec le plus dexactitude ces personnages,
mais peut-être aussi les redessiner dans des attitudes
inventées par vous, ce qui est plus difficile ; et, pour
être parfait, les intégrer dans un univers semblable
à celui quon leur connaît, cest-à-dire
celui de la bande dessinée dont ils sont issus.
Il nous paraît plus simple de créer un univers propre,
agrémenté de ses héros propres. Il faudra
alors veiller à ce que les personnages soient reconnaissables
de case en case, en leur attribuant des particularités
(exemple : des lunettes pour Vincent, un pull rouge pour François).
Songez que lensemble des dessins sert essentiellement à
raconter votre histoire, ne surchargez pas le décor, rendez
laction visible. La représentation dobjets
ou dendroits connus de tous (un tram, lAtomium, la
Grand-Place, etc.) facilite la lecture et la compréhension,
en offrant des repères au lecteur.
Lhistoire
: Raconter une histoire suppose raconter un début, un
milieu et une fin. Pour bien la raconter, vous devez connaître
tout cela à lavance, et pour connaître cela
à lavance, vous devez dabord faire un scénario.
Lidéal est de réaliser à léchelle
un schéma de la toile, et représenter dessus lemplacement
des différentes cases, ou des différentes histoires.
Va-t-on faire trois grandes cases sur toutes la toile, ou plutôt
deux planches complètes juxtaposées ? Quand vous
aurez décidé de cela, procédez au découpage
de votre histoire ; cest-à-dire, choisissez le contenu
de chaque case, en tenant compte du rythme de lhistoire.
Pensez à une "chute", une conclusion, un petit
gag en fin dhistoire, qui plaira à vos lecteurs.
Faites des phylactères de formes très simples (rond,
ovale, rectangle ou carré), placez-les de préférence
dans la partie supérieure des cases, le plus près
possible des personnages qui les font. Faites vos "queues
de phylactères" (partie du phylactère "sortant"
du personnage) assez courtes et droites, évitez les formes
molles. Pour la réalisation des textes, reportez-vous
à la section "Textes et lettres".
Techniques
conseillées :
Pour se rapprocher au maximum du style "BD", il est
préférable dutiliser de la peinture, qui
permet dobtenir de beaux aplats de couleurs ; de plus,
la finition des traits noirs en sera rendue plus aisée.
Par contre, si vous inventez complètement votre bande
dessinée, il est a priori concevable dutiliser nimporte
quelle technique...
Outils conseillés :
Pour la peinture : pinceaux larges et plats pour les grandes
surfaces de couleurs, pinceaux fins et ronds pour les bords et
les traits noirs.
Graffitis
Préparation :
Le graffiti nimplique
pas seulement lutilisation dun outil particulier,
mais aussi de certains "trucs" stylistiques, qui donnent
cette allure qui "fait vrai". Il faut bien être
conscient de cela, avant de se lancer dans cette voie, au risque
de sexposer à quelques déceptions. Le choix
des éléments représentés et la façon
de les représenter, importe donc. Nous ne saurions que
trop vous conseiller dobserver de vrais graffitis.
Dans tous les cas,
vous ne devrez pas perdre de vue que les ébauches que
vous réaliserez au crayon (ou au marqueur) sur une feuille
seront reproduites à la bombe sur une toile, et que certains
dessins sont très faciles à faire au crayon mais
très complexes à réaliser avec une bombe.
Éviter dès lors les sujets précis et minutieux,
favoriser les choses aisément reconnaissables, nhésitez
pas à y mêler du texte (pratique très courante).
Dites vous que la force dun graffiti réside plutôt
dans lutilisation des couleurs, leur harmonisation et leurs
contrastes, lhabileté à se servir dune
bombe aérosol, que dans un beau dessin précis.
En ce qui concerne
la "mise en page" de votre toile, nhésitez
pas à laisser de grandes surfaces vierges et à
condenser vos graffitis sur quelques zones ; après tout,
les "graffiteurs" ne peignent que rarement lentièreté
dun mur...
Évitez les grandes zones de couleurs uniformes, cela consomme
énormément de peinture, prévoyez plutôt
de les faire au pinceau.
Réalisation
:
Il est fortement
conseillé de peindre à lextérieur
ou dans un local bien ventilé, car les gaz propulseurs
sont incommodants. Il est également conseillé de
choisir des sprays ne contenant pas de CFC.
Lutilisation
de pochoirs ou de masques permet détendre la gamme
des effets obtenus avec une bombe : vous pourrez insérer
des formes beaucoup plus nettes, accentuer certaines lignes,
effectuer des contours précis, ... Profitez aussi des
effets quautorise le spray, tels que dégradés,
floues, transparences, etc.
Les graffitis font
un usage abondant de surlignage (un trait blanc, noir ou coloré
marque le périmètre dun personnage, dun
groupe, voire dune scène), de halo (un contour clair
assez léger entoure un personnage), de brillance et de
reflets (obtenus en contrastant des ombres et des lumières),...
La rétro
projection peut aussi être utilisée, mais les différences
entre un croquis sur papier et la peinture sur la toile sont
plus importantes quavec dautres techniques.
Techniques
conseillées :
Peinture à laérosol (+ instruments de masquages),
pastels, et éventuellement peinture au pinceau pour les
grandes surfaces.
Trompe-lil
de bas-relief
Le trompe-lil de bas-relief est une technique assez
simple en soi, qui consiste en limitation de bas-reliefs
de style égyptien, précolombien, ou autre...
Cette technique pourrait très bien se conjuguer avec une
des autres proposées ici.
Préparation
:
Les dessins doivent
êtres assez simples, il faut privilégier les formes
géométriques (simples ou complexes) fermées
et nettes. À cet usage, une petite recherche documentaire
pourrait savérer très utile.
Les bas-reliefs
sont généralement disposés en bandes (verticales
ou horizontales) et leur contenu saccorde bien souvent
avec cette présentation puisquil sagit alors
dune ou plusieurs narrations. Il serait donc bon de préparer
un synopsis qui résumerait ce quil se passe dans
votre bas-relief, avant de passer à la réalisation
proprement dite.
Réalisation
:
Pour vous permettre
de comprendre leffet à obtenir par le bas-relief,
nous vous proposons un petit travail préalable :
Reproduisez (au moyen dune photocopieuse,...) un dessin
sommaire (un véhicule, un arbre, ...) sur trois feuilles
de couleurs différentes : lune sera la couleur moyenne
de votre bas-relief (cest-à-dire la partie moyennement
éclairée, par exemple :un ocre vif) ; une deuxième
couleur représentera la partie ombrée de votre
bas-relief (par exemple : un brun foncé, terre de Sienne,
) et une autre couleur sera la partie la plus éclairée
de votre bas-relief (un jaune pastel, par exemple).
Découpez rigoureusement les trois dessins, puis superposez-les
dans lordre suivant : lombre (brun foncé),
la lumière (jaune pastel) et la couleur moyenne (ocre
vif) par-dessus tout. Veillez à ce quaucun de dépasse.
Décalez le découpage de lombre (brun foncé)
de 0,5 cm vers le bas et vers la droite, puis décalez
celui de la lumière (jaune pastel) de 0,5 cm vers le haut
et vers la gauche. Vous obtenez ainsi un effet rappelant un bas-relief.
Bien sûr, lexécution à la peinture
de cet "effet" est plus belle, mais elle demande une
certaine dextérité et de lhabitude.
Le "secret" réside surtout dans la patience
de lartiste et une bonne harmonie des couleurs utilisées.
Techniques
conseillées :
La peinture, bien quelle ne soit pas à la portée
de tous pour cette technique-ci ; le collage de papier découpé,
comme expliqué ci-dessus, est plus facile à réaliser
mais demande cependant de la patience et du dosage.
Trompe-lil
- décors de théâtre
Le trompe-lil comme on lentend ici se rattache
à une longue tradition de peinture, il vise à "tromper"
le spectateur en lui faisant passer pour tridimensionnel un espace
plat.
Préparation
:
Il serait plutôt
question de faire référence aux décors de
théâtre, de cinéma, ... que de réaliser
un véritable trompe-lil. En présentant
en taille réelle des scènes de la vie quotidienne,
ou un endroit prolongeant lespace dans lequel seront vos
spectateurs, vous les intégrez à un univers, de
manière continue par rapport à leur environnement
(exemple : vous peignez une banquise pour inviter le spectateur
dans un espace polaire...).
Quelle que soit
votre démarche, elle suppose quand même certaines
notions de perspective et de peinture "décorative".
Réalisation
:
Le trompe-lil
peut se peindre horizontalement ou verticalement, cette dernière
solution permet cependant dappréhender plus exactement
ce que sera le résultat final ; linconvénient
cest quelle favorise les coulées de peinture
sur la toile (pendant lexécution ou le séchage).
Il est nécessaire
davoir tracé à lavance lintégralité
de votre dessin, même si vous comptez vous baser sur une
ou plusieurs photos. À ce propos, nous vous recommandons
fortement dutiliser une des techniques de reproduction
pour redessiner des photos. Choisissez de préférences
des photos de grandes tailles, qui vous permettront dobserver
toutes les nuances de couleurs...
Plutôt que
de commencer dans un coin et terminer dans le coin opposé,
procédez par grandes étapes ; allez du général
au particulier...
Placez dabord
les grandes zones de couleurs (ciel, sols, bâtiments, ...),
puis les zones de tailles intermédiaires (personnages,
véhicules, grands objets, ...), pour terminer par les
petits détails (une montre, un patin à roulettes,...).
Tout au long du travail, de fréquents coups dil
vous permettront de juger la qualité et lavancement,
bien mieux que si vous aviez terminé complètement
quelques parties de toile et laissé dautres intégralement
vierges.
Cette approche est dailleurs avantageuse dans le cas ou
plusieurs personnes réaliseraient la même toile,
car elle évite davoir de trop grandes discordances
de styles, puisque la fresque est réalisée "en
une fois" et non pas "par petits morceaux".
Techniques
conseillées :
Par définition, cest la peinture qui convient le
mieux à la réalisation de trompes-lil.
Cependant, les autres techniques développées à
la section "Approche technique" sont certainement aussi
valables et peuvent être utilisées avec beaucoup
de succès en complément de la peinture. Plus particulièrement,
le collage peut donner dexcellents !
"À
la manière de"...
La liste de propositions qui suit nest donnée quà
titre indicatif, dans le but déveiller limagination
ou lintérêt...
Nous avons délibérément mélangé
artistes, courants et cultures, en songeant quil ne tient
quà vous dy pêcher quelques idées
à mettre ensemble.
...Van Gogh, fresques
égyptiennes, icônes byzantines, Matisse, Pop art,
Surréalisme, peintures rupestres de la préhistoire,
Degas, Monet, Turner, Klee, Folon, Vazarelli, Hergé, dessin
technique et industriel, graphiques dentreprise, Fra Angelico,
Van Eyck, Jackson Pollock, Hockney, Pointillisme, Walt Disney,
Michel-Ange, Rembrandt, Expressionnisme allemand, Cubisme, Jeff
Koons, art africain, peinture perse, Cézanne, primitifs
flamands, El Greco, Vermeer, Permeke, Dubuffet, Expressionnisme
américain, affiches publicitaires, affiches de cinéma,
Franquin, Modigliani, Delaunay, peinture naïve, Comics américains,
Dali, Picasso, Giotto, esquisses ou croquis, Magritte, Ensor,
Dessin denfant, vieilles gravures, illustrations de carte
à jouer ou du tarot, Mangas, tapisserie ancienne, mosaïque,
art décoratif chinois, estampes, enluminures, Brueghel
lancien, Jérome Bosch, Tintoret, fresques gothiques,
vitraux, Rouault, dessins incas de lancien Pérou,
illustrations pour enfants, Toulouse-Lautrec, Mirò, Images
dEpinal, caricatures XIXè S, dessins de mode, art
esquimau, cartoons américains, dada, ...
Mathieu Detaille
peinture : académie, allégorie, aquarelle, badigeon,
badigeonnage, bambochade, barbouillage, barbouille, bergerie,
caricature, couleur, crayon, croûte, décor, décoration,
description, détrempe, diptyque, ébauche, enduit,
enluminure, esquisse, estampe, étude, fard, fresque, gouache,
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ravalement, recouvrement, représentation, retable, revêtement,
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vernis, vue .
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apparence, application, aquarelle, aquatinte, avant-goût,
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féerie, figure, fresque, graphique, image, index, inventaire,
liste, médaillon, mémoire, narration, nature morte,
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pochade, polyptyque, portrait, récit, relevé, répertoire,
représentation, rôle, scène, site, spectacle,
table, tableautin, tablette, tablier, tarif, toile, transparent,
triptyque, vision, vue, vue d'ensemble .
perspective : angle,
aspect, attente, avant-goût, champ, conjecture, contour,
côté, coup d'oeil, dimension, échappée,
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éventualité, expectance, expectative, fond, horizon,
idée, jour, optique, paysage, pensée, plan, point,
point de vue, prévision, probabilité, profil, profondeur,
projection, semblance, silhouette, site, tournure, trompe-l'oeil,
vision, vue .
trompe-l'oeil :
façade, fard, faux-semblant, illusion, illusionnisme,
mirage, perspective .
illusion : aberration,
amusement, aveuglement, baudruche, caresse, carotte, charme,
chimère, duperie, enchantement, erreur, espérance,
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fiction, fumée, hallucination, hochet, idée, illusionnisme,
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semblant, simulation, songe, tour de passe-passe, trompe-l'oeil,
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vision : apparition,
appréhension, aspect, chimère, conception, discernement,
divagation, évocation, extase, fantasme, fantôme,
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revenant, rêverie, sentiment, simulacre, spectacle, spectre,
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paysage : bergerie,
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figure, horizon, marine, panorama, peinture, perspective, point
de vue, scène, site, situation, sous-bois, tableau, verdure,
vue .
lumière
: beauté, bougeoir, brillant, chatoiement, clarté,
connaissance, coruscation, éclair, éclairage, éclaircissement,éclairement,
éclat, électricité, embrasement, étincelle,
évidence, explication, feu, flambeau, flamboiement, flamme,
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indication, information, intelligence, jour, lampe, lampe astrale,
lanterne,lueur, luminosité, miroitement, notabilité,
orifice, ornement, ouverture, personnalité, phare, phénix,
poudroiement,précision, publicité, raison, rayon,
rayonnement, reflet, renseignement, savant, savoir, scintillement,
soleil, sommité,splendeur, vérité, vie.
point de vue :
angle, aspect, avis, belvédère, biais, côté,
coup d'oeil, échappée, éclairage, face,
façon de penser, horizon, idée, jour, jugement,
opinion, optique, panorama, paysage, pensée, perspective,
position, sens, sentiment, site, tournure, vue, vues .
panorama : diorama,
échappée, horizon, paysage, peinture, point de
vue, site, spectacle, tableau, vue, vue d'ensemble .
dessin : aide-mémoire,
anaglyphe, aquarelle, arabesque, arborisation, bistre, brochure,
canevas, caricature, carreau, cartographie, carton, cartouche,
charge, chinure, composition, conception, contour, copie, coupe,
crayon, croquis, délinéation, dessein, diagraphe,
disposition, ébauche, élévation, épure,
esquisse, estampe, estompe, étude, figuration, figure,
fleurage, forme, fusain, galbe, gouache, graffiti, graphique,
gravure, grecque, illustration, image, lavis, levé, ligne,
méandre, miniature, motif, nature, nu, oeuvre, ornement,
patron, paysage, plan, pochoir, pointe-sèche, poncif,
portrait, projection, projet, racinage, ramage, ramification,
relevé, report, représentation, sanguine, sauce,
schéma, section, sépia, silhouette, stéréographie,
teneur, topographie, tracé, trait, treillis, végétation,
veinure, vignette, vue .
mural : pariétal,
rupestre .
peintre : animalier,
aquarelliste, artiste, badigeonneur, barbouilleur, classique,
coloriste, cubiste, enduiseur, enlumineur, expressionniste, fauviste,
fresquiste, illustrateur, impressionniste, miniaturiste, nabi,
naïf, naturaliste, non-figuratif, orientaliste, pastelliste,
paysagiste, pointilliste, pompier, portraitiste, préraphaélite,
rapin, réaliste, romantique, surréaliste, symboliste,
tachiste .
art : adresse,
affectation, alchimie, application, apprêt, artifice, artisanat,
astuce, beau, beauté, chic, compétence, dextérité,
discipline, don, effort, éloquence, état, étude,
façon, faire, fard, génie, habileté, industrie,
intelligence, maîtrise, manière, méthode,
métier, moyen, parti, poésie, pouvoir, préparation,
procédé, profession, puissance, qualité,
recherche, ruse, savoir-faire, science, secret, soin, style,
talent, technique, tour, travail, truc .
artiste : acteur,
artisan, artistique, bohème, chanteur, chanteuse, clown,
coiffeur, comédien, danseur, décorateur, dessinateur,
écrivain, esthète, étoile, étudiant,
exécutant, fantaisiste, graveur, interprète, maître,
musicien, ouvrier, peintre, prestidigitateur, saltimbanque, sculpteur,
star, vedette, virtuose .
architecte : bâtisseur,
chef, constructeur, créateur, décorateur, édificateur,
entrepreneur, ingénieur, inventeur, maître, maître
des oeuvres, ordonnateur .
monumental : architectural, beau, colossal, cyclopéen,
démesuré, éléphantesque, énorme,
fabuleux, fantastique, faramineux, gigantesque, grand, grandiose,
immense, imposant, impressionnant, inouï, majestueux, phénoménal,
prodigieux, pyramidal, sculptural, sublime, titanesque .
décor :
agencement, ambiance, apparat, appareil, apparence, atmosphère,
cadre, décoration, guirlande, milieu, mise en scène,
ornement, ornementation, paysage, peinture, praticable, scène,
scénographie, spectacle, théâtre, toile de
fond .
décoration
: agencement, amélioration, ameublement, apparat, architecture,
attribut, banane, barrette, bosse, chaîne, cordon, crachat,
croix, décor, décorum, distinction, émail,
embellissement, étoile, guirlande, insigne, installation,
mannequinage, médaille, mosaïque, orfèvrerie,
ornement, ornementation, palme, parure, peinture, plaque, récompense,
retable, rosette, ruban, sculpture, tapisserie .
embellissement
: agrément, amélioration, décoration, développement,
enjolivement, enjolivure, fioriture, idéalisation, ornementation,
parure, restauration
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Bibliographie
Lascaux ou
la naissance de lart » Georges Bataille éd.
Skira 1980
Au royaume des ombres, la peinture funéraire antique »
coll. sous direction de Nicole Blanc éd RMN 1999
Architectures peintes en trompe loeil » Miriam Milman
éd.Skira1992
Les cahiers de lICOMOS », actes du colloque «
Le mur peint dans la ville ancienne », Dijon, 1988
LIllustration » du 6 septembre 1930, Roland Engerand
Les peintres révolutionnaires mexicains » Serge
Fauchereau éd. Messidor 1985
Peintures murales contemporaines, peintures murales traditionnelles
» Coll sous dir. De Françoise Chatel éd.
Jacques Damase
Des murs dans la ville » Gilles de Bure, 1981
Des murs dans la ville », Gilles de bure, 1981.
Du tag au tag Alain Vulbeau éd. EPI 1992
Conversations avec Picasso », Brassaï, 1946, éd.Gallimard,
1964
Art Public » Tim Drescher éd Damase., 1981.
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