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Quelques lignes sur l'Hyperrealisme
..
Panorama
de la peinture hyperréaliste
Introduction
Si lHyperréalisme
( terme français équivalent aux termes américains
Photorealism et Superrealism) a fait lobjet de nombreuses
publications à lépoque de son explosion à
la fin des années 60 et au début des années
70, il est par la suite devenu pratiquement impossible de trouver
un article, une revue ou un ouvrage traitant le sujet selon une
approche globale.
Comme sil sétait agi dun mouvement spasmodique
de mode aussi vite oublié quil était apparu.
Or la plupart des peintres initiateurs de ce mouvement ont continué,
enrichi et souvent diversifié leur uvre, relayés
par une puis deux générations de nouveaux artistes.
Il apparaissait donc indispensable, 30 ans après son apparition,
de faire un bilan de ce qui apparaît comme un mouvement
majeur tant sur le plan de son histoire que de son actualité.
Prologue
Les rapports de
lhomme avec la réalité ne sont jamais figés.
Ils échappent constamment à quelque emprise que
ce soit car si lhomme fait la réalité, la
réalité fait à son tour lhomme. Cest
un rapport de force permanent ou il ny a ni gagnant ni
perdant. Mais au-delà du champ de bataille, cest
une symbiose qui sopère. Lhistoire nen
retient que quelques moments de rupture.
Si lon se place dans le cadre de lévolution
de la création artistique, lhyperréalisme
représente un de ses moments de rupture, car il consacre
ce qui hier était suspect voire sans intérêt.
Rupture également parce que le travail artistique avait
depuis quelques années tourné le dos à la
peinture et depuis bien longtemps à la figuration qui
renvoie à la réalité.
Tout au long de la période pendant laquelle lart
abstrait a dominé, le réalisme a recherché
une nouvelle identité tant en Europe quaux Etats-Unis.
En se cramponnant à des traditions de style périmées
et en refusant de rompre les liens avec liconographie qui
y était rattachée, le réalisme avait pour
la plus grande part dégénéré en une
figuration purement stylistique, qui avait perdu tout contact
avec la réalité et se trouvait dans limpossibilité
de se développer et dincarner le réalisme
des temps modernes.
Né à la fin des années soixante le mouvement
pourrait nêtre considéré que comme
lun des nombreux avatars de la peinture moderne si les
peintres qui ont initié le mouvement navaient continué
de produire et daméliorer leur technique, relayés
par une puis deux générations dartistes plus
jeunes qui perpétuent et renouvellent la tradition
Lhyperréalisme
nest pas un mouvement au sens formel. Il na pas de
manifeste et beaucoup de ses artistes ne se sont jamais rencontrés.
Peut-être y a til lieu de parler dune sensibilité
commune : une position qui sétablit à partir
des relations existant entre lartiste et son sujet. Ces
relations se caractérisent par la distance à la
fois affective et, par lusage de la photographie, réelle,
mais également par un engagement total et laborieux de
lartiste soucieux de rendre avec exactitude la forme, la
lumière et la couleur .
Lhyperréalisme est une tendance relativement unifiée
ou chaque peintre traduit quasiment de la même manière
le paysage contemporain et plus particulièrement les images
dune société moderne. Ce nest pas le
style qui les différencie mais le thème privilégié
par chacun deux et la manière dont le sujet est
vu.
Rejetant la subjectivité affective propre à la
peinture réaliste traditionnelle et académique,
le peintre hyperréaliste ne dit pas au spectateur comment
il doit ressentir le sujet, il affirme tout simplement quil
existe et quil vaut la peine dêtre regardé
parce quil existe. Les efforts de lartiste (souvent
plusieurs mois de travail sur une même peinture) imprègnent
les choses dune signification nouvelle, mais elles ne sont
ni surestimées ni sous estimées.
On a pu qualifier de « virtuoses » les hyperréalistes
parce quils parvenaient à une perfection telle que
lon en arrivait à confondre leurs toiles avec des
photographies.
Certains argumentent quainsi ces peintres ne présenteraient
quun simple constat froid de leur environnement, sans analyse
subjective.
Au-delà de cette absence de commentaires directs, il paraît
réducteur de ne considérer lhyperréalisme
que comme une représentation mécanique.
Cette apparente impersonnalité est en effet démentie
par le fait que, ces peintres prenant eux-mêmes les photos
à partir desquelles ils travaillent, une considérable
latitude leur est laissée en termes de sujet, de disposition,
déclairage, de composition et de couleurs.
De plus un grand nombre de peintres modifient la photo.
Enfin le fait de peindre laborieusement, ceci pendant des mois,
ce que lappareil photo peut instantanément reproduire
sans effort nest pas dénué de sens : le tableau
nest pas une photo et lors de ce lent processus deffort
humain, il acquiert sa propre personnalité pour délivrer
une vision intensifiée et densifiée de ce quil
représente.
En retour le tableau restitue lentement cette charge de travail
et de recherche dont il a été imprégné.
Il se dégage dautre part, au travers du caractère
illusionniste de ces représentations minutieuses des moindres
détails dun reflet dans une vitre ou de chaque cheveu
dune coiffure, une folie fascinante et effrayante. Aussi,
bien quil soit considéré comme froid et dépourvu
de tout engagement, lhyperréalisme présente
un caractère héroïque : en choisissant délibérément
de faire lentement ce que certains media peuvent réaliser
instantanément et sans effort, il affirme la valeur de
leffort humain.
On peut trouver dans cette vieille idée romantique de
lépuisement des accents de performance.
Il y en a beaucoup qui continuent à shypnotiser
sur laspect illusionniste des images hyperréalistes.
On se sent en quelque sorte complexé devant ce retour
en force du figuratif. Lon oublie quil y a dans lhyperréalisme
beaucoup des qualités de lillusionnisme ce qui est
beaucoup plus important.
Un
adorable leurre
Les artistes contemporains
nont jamais tant abusé du mot « travail »
que depuis quils ne font rien et nont jamais tant
aligné la liste de leurs « travaux » que depuis
que ceux-ci se sont réduits à des gestes le plus
souvent passablement dérisoires et vains, comme denvoyer
des textes par la poste ou de coller des bandes verticales sur
des murs. Alors en ce retournement nécessaire qui sopère
aujourdhui, voit-on, comme réagissant contre cet
oubli du corps dans lequel lart sest enfoncé,
luvre sétant à ce point dématérialisée
quelle exclut toute maîtrise ou tout simplement tout
savoir-faire, lartiste revenir derechef vers le corps en
particulier dans ses deux formes extrêmes, inversées
mais complémentaires, que sont le body-art et lhyperréalisme
Ainsi pour appliquer
son pouvoir lartiste hyperréaliste aurait-il besoin
de ces prolongements artificiels des membres que sont le pinceau,
le couteau à palette, laérographe, désormais
compliqués de toute cette prothèse que sont lappareil
photographique, lappareil de projection ou lépiscope,
le tout consistant toujours, de toute façon, à
redoubler, prolonger ou projeter une image de soi vers le monde,
cest-à-dire détablir un pont entre
lorganisme et sa réalité, à ré
instaurer, toujours, limage dun adorable leurre.
Le
retour de la technique
Lhyperréalisme
renonce à saffranchir des contraintes et des limites
de la technique.
Bien au contraire il retourne vers la peinture de chevalet. Il
rétablit les procédés de la peinture conventionnelle
tout en vidant celle-ci de son contenu.
Ce retour passionné à lacte pictural sest
fait jour pendant une période dabstinence picturale
pendant laquelle les critères techniques et les critères
dappréciation se sont perdus.
Lhistoire a cependant relégué le réalisme
objectif dans une cabine de seconde classe.
Pour le grand art, on ne se contente pas dune pure description.
Cest seulement lorsque le sujet de la peinture a renoncé
à la pure ressemblance et a opté pour une véritable
signification, que lhistoire adopte son aspect artistique.
Lhyperréalisme, compte-rendu paisible et littéral
des réalités visuelles occupe de ce fait encore
une position embarrassante. Il existe cependant deux notions
complémentaires, si on les place au-delà du dogme
de modernité, qui plaident en faveur de lart hyperréaliste
: dune part le réalisme est incontestablement lié
au sujet et dautre part comme le souligne Don Eddy, lapparence
du monde est vraiment plus excitante que lapparence de
lart.
Sharp
focus et Gigantic scale
Une des caractéristiques
majeure de lhyperréalisme est la représentation
fréquente en gros plan et très détaillée
dune partie dun ensemble (Sharp focus).
Lagrandissement démesuré dun sujet
est une autre forme dabstraction : en séparant celui-ci
de la réalité ordinaire il lui confère une
nouvelle identité
( Gigantic scale).
Les peintures souvent de très grand format, font alors
surgir des formes abstraites ou des constructions imaginaires
qui révèlent quelque chose de lordre caché
de lenvironnement quotidien.
Les peintres sattachent ainsi à faire apparaître
diverses formes tirées des profondeurs de limage
et lon est frappé par limpression que corrélativement,
les objets, les scènes familières deviennent des
« miniatures du monde
Nous sommes redevables de lexpression Sharp focus à
Sydney Janis qui la utilisée pour la première
fois comme titre dune exposition dhyperréalistes
dans sa galerie de New York en 1972. Il voulait opposer le Sharp
focus au Gigantic scale titre quil donnera à sa
seconde exposition réaliste.
Le
réel, le symbolique et limaginaire
Lhistorien
de lart américain Hal Foster, qui a appliqué
dans son ouvrage intitulé The Return of the Real(1996),
la division psychanalytique tripartite de la réalité
énoncée par Jacques Lacan le réel,
le symbolique et limaginaire considère lhyperréalisme(
quil préfère appeler « superréalisme
») comme engagé dans une quête hyperbolique
de lapparence dont le but est de masquer une réalité
refoulée. Le réel appréhendé de ce
point de vue psychique est une zone dobscurité située
au cur de lexistence, que nous souhaitons éviter
et qui ne peut être représentée.
Selon Foster, de par langoisse que traduit son intérêt
pour les surfaces brillantes et réfléchissantes,
lhyperréalisme exprime ce quil tente de dissimuler.
Hyperréalisme
et trompe lil
Confronté
à une peinture hyperréaliste, vous navez
pas lillusion de regarder une moto, une vitrine de magasin,
un flipper ou des bouteilles de ketchup.
Peu importe la précision avec laquelle les motifs sont
reproduits, vous savez que vous êtes devant une image.
Le contexte nest pas le bon, léchelle est
disproportionnée, le langage visuel est celui de la photographie.
Une
société du spectacle
Le situationniste
Guy Debord décrivit dans les années 60 comment
la vie en collectivité fondée sur le commerce moderne
constituait une « société du spectacle »,
une réalité irréelle où les images
régissent les relations sociales. Lyotard et le sociologue
Jean Baudrillard devaient également tenir compte de la
notion de spectacle dans leurs écrits.
Ces deux théoriciens du post-modernisme voient dans la
culture du capitalisme américain une façon de surmonter
ou de supplanter la réalité, et un passage vers
le simulacre, une région de désir illimité.
Toute représentation de la réalité est un
simulacre. Cest pourquoi la réalité reproduite
est une fiction. Lorsquun peintre projette une photo sur
une toile et peint ensuite daprès la photo projetée,
il ne traduit en fin de compte que la fiction de la réalité
quil a vécue, quil a pensée et quil
a travaillée.
Le tableau hyperréaliste devient ainsi la réalité
de cette fiction puisquil traduit sans ambiguïté
tout le processus de saisie de cette réalité, et
ce depuis sa perception jusquà sa restitution matérialisée.
Deux circuits se croisent constamment, celui de la photo et celui
des sujets représentés. Car la photographie joue
le rôle dintercepteur. Elle tend un piège
dans lequel la réalité se fige. Ensuite lobjet
est réanimé, il retrouve sa respiration initiale,
mais léquation mathématique entre la réalité
et la fiction est rompue.
Prétendre que la peinture hyperréaliste se contente
de reproduire la réalité est un contresens puisque
limage relègue bien souvent la réalité
au second plan.
Photographie
: des rapports complexes
La profusion dimages
véhiculées par la vidéo, le cinéma
ou la photographie a changé notre manière de voir
et les hyperréalistes enregistrent ces changements.
Aujourdhui les images diffusées par les médias
sont aussi importantes que les phénomènes réels.
Elles modifient notre perception des phénomènes
réels et contribuent à hiérarchiser leurs
valeurs.
La photographie est ainsi au cur du processus.
Toute la peinture hyperréaliste a ainsi affaire avec une
réalité de seconde main, une réalité
remaniée, remaniée dabord par la photographie
et ensuite par la reproduction sur la toile.
La photographie est au cur du mouvement.
Le peintre hyperréaliste se sert de la photographie souvent
tout à fait consciemment pour rompre avec les habitudes
de la représentation picturale classique.
John Salt fait ainsi remarquer que les photographies «
permettaient de se débarrasser plus facilement de linfluence
des autres peintres ».
Lidée que la photographie contribue à libérer
lartiste des anciennes formes de réalisme a été
reprise par Tom Blackwell : « lobjectif déforme
en fonction des conventions classiques de la perspective ou des
besoins de la représentation picturale ».
Les hyperréalistes se servent donc de la photographie
pour établir une distance entre eux et le sujet.
La photographie fait passer limage dun plan à
trois dimensions à un plan à deux dimensions dune
manière qui exclut les choix de lartiste, choix
qui pourraient être fondés sur des préférences
affectives ou psychologiques.
Néanmoins la photographie nest pas considérée
comme un simple outil par tous les artistes. Bien quils
lutilisent pour se distancier du sujet et se libérer
des conventions esthétiques du passé, la photographie
constitue pour eux une nouvelle manière dappréhender
les sujets.
Les mêmes peintures ne pourraient pas être peintes
sans photographies et la visualisation photographique fait partie
de lidée de la peinture.
« Je ne vois pas comment je pourrais faire lun sans
lautre » dit Estes, décrivant le rapport étroit
qui règne entre sa peinture et la photographie.
En réalité Estes, comme beaucoup dautres
artistes, prend une liberté considérable avec la
photographie : il prend plusieurs clichés dun même
sujet pour obtenir le maximum dinformations et ces informations
sont ensuite intégrées dans la peinture.
Il convient ainsi de distinguer entre les peintres qui utilisent
la photographie pour représenter ce que voit lobjectif
et ceux qui utilisent celle-ci pour représenter ce que
voit lil.
« Il y a des gens qui pensent quà partir dune
photo, on ne peut faire quune peinture. Mais on peut faire
autant de peintures daprès une photo que daprès
la vie réelle » remarque Chuck Close.
Lhyperréalisme a facilité une fertilisation
croisée entre la peinture et la photographie. Ce dialogue
permanent entre les deux techniques joue un rôle important
dans lart contemporain.
Les uvres de Cindy Shermann, Andreas Gursky, Robert Longo,
Jack Goldstein sont là pour en témoigner.
On nentend pas dire à propos des uvres hyperréalistes
« cest tout à fait la réalité
», mais « cest tout à fait une photo
». Cet illusionnisme ne devient que rarement le trompe
lil dun objet réel. Il rappelle toujours
que la photo se trouve toujours entre la réalité
et lart et que ce monde dentre deux fait lobjet
de luvre.
Ce nest pas la réalité qui importe mais la
photographie, car cest celle-ci qui constitue le sujet
de luvre.
Lartiste saisit et communique le message de lobjectif.
Il affirme lintégrité de son sujet tout en
visant à la perfection.
Il y a un enfin dans ces rapports ambigus un véritable
problème avec la reproduction photographique des tableaux
hyperréalistes. En effet celle-ci tend à revenir
vers la source dorigine, la photo. De fait la peinture
comme telle savère inphotographiable.
La reproduction de nimporte quelle uvre de Picasso,
Matisse ou Rembrandt vous dit quelque chose de ce à quoi
la peinture ressemble alors quune reproduction dun
tableau hyperréaliste ressemble à un fac-similé
de sa source photographique.
Selon Malcom Morley : « Cest une manière daffirmer
lautonomie de la peinture comme objet, parce que seule
la peinture vous dit quelque chose delle - même ».
Lenvers
de lhyperréalisme : labstraction ?
Les peintres hyperréalistes
ont été influencés par les expédients
utilisés par les peintres abstraits : agrandissement ou
distorsion de léchelle, uniformité de la
surface, gigantisme des uvres, prééminence
de limage.
Par exemple le fait de traiter un sujet en isolant certains fragments
de leur contexte et en les reproduisant agrandis de façon
mimétique leur confère une identité propre
avec souvent une forte charge dabstraction.
Ceci se vérifie tout particulièrement sur certains
détails de tableaux de Chuck Close qui se révèlent
à lobservation des toiles abstraites.
Lagrandissement dune partie de pneu chez Don Eddy
devient un simple croisement de lignes plus proche de Stella
que de lhyperréalisme.
La froideur attribuée à la sensibilité hyperréaliste
correspond à une manière abstraite de voir les
choses sans commentaire et sans engagement.
Lhyperréalisme est plein de références
à la peinture abstraite ainsi quen témoignent
les compositions de Cottingham, de Blackwell, de Bowen ou de
Detrait en Europe.
Même lapparente frontalité dEstes ou
de Goings est composée et traitée dans un sens
abstrait. Les reflets sont souvent utilisés, chez Pelizzari
par exemple, comme éléments abstraits comme le
sont les barrières et les lignes de stationnement dans
luvre dEddy.
De fait certains peintres hyperréalistes sont devenus
abstraits et inversement.
La façon dont certains artistes préparent le sujet
quils vont reproduire est influencée non seulement
par lart abstrait mais aussi par le travail conceptuel.
Ainsi Stephen Posen prépare-il des sculptures à
grande échelle au moyen de boites et détoffe
quil reproduit ensuite fidèlement. On retrouve cette
phase exploratoire qui consiste à faire des installations
préalables à lexécution de leurs toiles
chez nombre dartistes.
Une
critique absente ?
Lhyperréalisme
est lun des rares récents courants innovateurs à
bénéficier dun large succès public,
du moins aux Etats-Unis.
Il a fait lobjet de nombreuses expositions dans de nombreux
pays et quelques ouvrages lui ont même été
consacrés (cf. bibliographie)
Cependant, en dépit dun succès populaire
certain, lhyperréalisme sest heurté
à une relative indifférence des critiques et des
institutions.
Quand les conceptualistes ont abandonné les outils et
les supports traditionnels au profit des performances et des
installations, dautres artistes, en réaction, sont
retournés dans les ateliers.
Pour la communauté critique, ceci a constitué un
contre-choc révolutionnaire avec des implications beaucoup
plus choquantes que celles provoquées par la plus iconoclaste
des stratégies développées par les Conceptualistes.
Doù un certain malaise entre le mouvement hyperréaliste
et la critique.
Lhyperréalisme est une forme dart exigeante
et les peintres passent le plus clair de leur temps à
peindre dans leurs ateliers ce qui laisse peu de disponibilité
pour alimenter en informations la réflexion des médias
et des critiques.
De plus les peintres hyperréalistes ont laissé
au placard un certain nombre dattributs propres aux acteurs
du grand Art tels que le culte de la personnalité, le
mythe du génie individuel, la démarche élitiste,
ésotérique ou transcendantale.
Ils déjouent le sens commun qui veut que lart soit
une activité séparée, originale, surtout
pas quelconque et que lartiste soit engagé corps
et âme dans une mystérieuse recherche de vérité
et dabsolu et ainsi sapent lautorité des médias
et des systèmes de mise en spectacle de la réalité.
La figure du créateur sefface au profit de celle
plus modeste du passeur.
Ceci étant, ce phénomène sinscrit
plus largement dans la perte de statut de la peinture : la critique
ou les commissaires des plus importantes manifestations internationales
ont intégré dans leur discours une idée
de la peinture comme activité passéiste au profit
dexpressions telles que la vidéo, la performance
ou paradoxalement la photographie qui leur semblent plus pertinentes.
En dépit
du relatif dédain affiché par la critique au jour
le jour, les historiens dart ont commencé à
intégrer le mouvement dans leur réflexion. Ainsi
des ouvrages lui sont-ils entièrement consacrés
(Louis K. Meisel, John Arthur, Linda Chase, Gregory Battcock,
Christine Lindey, Edward Lucie Smith.
De nombreux artistes font dautre part lobjet de monographies
(Charles Bell, Don Eddy, Richard Estes, Audrey Flack, Ralph Goings,
Gottfried Helnwein, John Kacere, Malcom Morley,Sandorfi, Gérard
Schlosser , Bruno Schmeltz).
Les pionniers américains
La vogue de lhyperréalisme
a pu faire croire à une renaissance de la figuration,
alors quil ne sagissait que dun prolongement
logique de la tradition réaliste américaine. Les
Etats-unis ont connu jusquau Pop art, qui chronologiquement
a précédé larrivée de lhyperréalisme,
nombre de démarches figuratives telles celles dEdward
Hooper, Charles Sheeler ou Andrew Wyeth.
Le pop art avec ses antécédents néo-dadas
a constitué à la fois la synthèse du courant
réaliste et du courant abstrait et lapothéose
dithyrambique de lamerican way of life.
A vrai dire il
constitue lun des points culminants du réalisme
américain et lesprit des Wesselmann, Rosenquist
et Oldenbourg est fondamentalement celui des Demuth ou des Nigel
Spencer. Ce style 100% américain atteint son apogée
au moment où le monde entier subit la fascination de lAmérique,
copie son genre de vie, et son folklore urbain, se passionne
pour ses mythologies quotidiennes, du western à la chanson,
adore ses idoles, imite ses voyous au grand cur.
La nature américaine dun Raushenberg ou dun
Warhol sidentifie aux archétypes du folklore moderne
international, elle illustre lentière hiérarchie
des valeurs dune civilisation planétaire.
En reportant lattention sur lenvironnement urbain,
sur le pouvoir de fascination de limage diffusée
en série par les médias modernes, les pop artistes
ont revalorisé la figuration qui alors semblait être
le lot presque exclusif des peintres académiques.
Dautre part, à cette même époque, limage
de lAmérique tendait inexorablement à leffritement
et après avoir imposé sa loi au monde, la peinture
américaine est rentrée chez elle et au terme de
cette introspection objective, sest retrouvée, à
travers lhyperréalisme, telle quelle a toujours
été, régionaliste, terrienne ou industrielle,
inexorablement enracinée dans la réalité
physique et humaine
En réalité
peu dartistes hyperréalistes pensent avoir subi
linfluence directe du Pop art et parmi les artistes pop,
seul James Rosenquist fait figure de référence.
Il est celui dont ils sentent luvre comme étant
la plus proche de leurs préoccupations. Plusieurs de ses
tableaux, en effet, proposent une image simple, immédiatement
reconnaissable et qui peut évoquer tel ou tel aspect de
lhyperréalisme, bien que le propos en soit tout
autre. A la différence des tableaux hyperréalistes,
la peinture de Rosenquist est toujours un commentaire
moral ou philosophique du monde moderne, jamais un simple
constat.
Dune manière plus générale, comme
Estes la remarqué « lennui avec le Pop
art est quil est trop bavard. Cest un jeu intellectuel.
Une fois quon a compris le message, ça perd tout
intérêt ».
Malgré cela les hyperréalistes reconnaissent leur
dette à légard du pop art qui a ouvert la
voie au traitement des sujets banals et qui a rendu possible
une peinture figurative sans référence au passé,
aux vieux maîtres et aux considérations académiques.
Lhyperréalisme a emprunté au pop art liconographie
de la vie quotidienne. Il célèbre limage
banale et banalise limage culturelle.
Parallèlement, le vieux style consciencieusement réaliste
de peinture daprès nature na jamais complètement
disparu, restant faiblement présent.
Jack Beal, Al Leslie, Philip Pearlstein (qui ont exprimé
un mépris traditionnel à lencontre des artistes
qui utilisent des photographies) se sont mis à peindre
une nouvelle figure daprès nature . Leur maladresse
consciencieuse, leur fixité intense, alliées à
un centre dintérêt changeant qui ne réussit
jamais tout à fait à localiser les surfaces dans
lespace, donnent à leurs uvres une distorsion
manifeste.
En essayant de faire renaître une tradition dart
et de style figuratifs, ils paraissent diamétralement
opposés au Photoréalisme mais en raison de la dureté
et de la froideur de leur travail, on les place parfois, à
tort, dans la catégorie des hyperréalistes.
Lhyperréalisme américain est généralement
considéré comme étant un style mécanistique
et il nest pas surprenant de constater que nombre de peintres
sont fascinés par les automobiles ( Don Eddy, Robert Bechtle,
John Salt, Ralph Goings, Ron Kleemann), les motos ( David Parrish,
Tom Blackwell), les avions (Chriss Cross, Tom Blackwell), les
usines ( Randy Dudley), les vues urbaines ( Richard Estes, Noël
Mahaffey, Robert Gniewek, David Cone, Anthony Brunelli, Bertrand
Meniel).
Tous ces thèmes relèvent du folklore urbain dans
ses aspects les plus universellement reconnus. La société
de consommation bat son plein, elle a revêtu ses habits
du dimanche : les restaurants sont propres, les rues sont nettoyées,
les néons brillent de tous leurs tubes, les motos sont
clinquantes. Rien na été oublié par
les produits détergents pas même les carrosseries
dans un cimetière de voitures. Tout est révélé
avec une grande netteté comme sil sagissait
de la promotion publicitaire dun produit bien emballé
ou de cartes postales éditées par un office de
tourisme.
Cest cet aspect de lhyperréalisme, mécanique
mais réducteur, qui a été reconnu par le
grand public et diffusé dans les médias.
Dans cet art, lécriture personnelle est le plus
souvent absente, latmosphère réduite au minimum
et le sujet ramené au quotidien, lartiste confirmant
sa personnalité par un thème caractéristique.
Cest ce que Peter Sager appelle leur marque commerciale.
Loin de faire lunanimité cet aspect radical est
raillé par toute une frange de la critique.
« Où est la neutralité de cette peinture
et de ces peintres qui ignorent systématiquement toute
une partie de leur environnement (pour ne parler que de lui)
et que leur objectivité conduit à ne voir que des
murs neufs et nus, de la terre ratissée, des vitres immanquablement
propres, des moteurs toujours neufs ? » sexclame
Desmonde Vallée.
Cet hyperréalisme radical, loin de se répéter,
sest perfectionné pour atteindre un paroxysme technique
dans les dernières uvres de Charles Bell ou de Richard
Estes pour ne citer queux.
Dautres artistes, même s ils adhèrent
à la beauté des carrosseries polies des automobiles,
des vitrines ou à celles des postes à essence,
traitent des sujets évoquant l ère coloniale,
lart déco des années 20 ou puisent leur inspiration
dans les années 50 rehaussant par là même
lintensité émotionnelle de leurs sujets.
Quand les intellectuels européens, avec tout leur snobisme,
refusent de céder à la nostalgie, ils ne témoignent
jamais que dun dilemme européen, ou culture et culture
de masse sont des notions inconciliables. Une telle antithèse
n a jamais existé, semble-t-il aux Etats Unis.
Enfin, dautres peintres ont su négocier des ruptures
dans les thèmes, les sujets, en prenant une certaine distance
avec ce coté hypertechnique et glacé.
Ce qui différencie ces artistes des autres hyperréalistes
cest quils ne se soucient pas de noter la banalité
complexe des snack-bars, des semi-remorques, des rues de banlieues,
des cinémas provinciaux, des rodéos et de toutes
les tranches de vie de lAmérique populaire quils
représentent. Ils ont investi
dautres champs dinvestigation artistique.
Ainsi la représentation des visages de Chuck Close, des
corps de John Kacere, des chevaux de Richard Mac Lean ou les
scènes de la mythologie reproduites par John Clem Clarke
appartiennent eux aussi de plein droit à la peinture hyperréaliste.
Il en est de même des paysages de Ben Schonzeit ou des
intérieurs de Jack Mendenhall ou Douglas Bond.
Les uvres de Don Eddy, dAudrey Flack, de Ben Shonzeit,
de Chuck Close ou de Joseph Raffael font état de la plus
grande liberté thématique et témoignent
que le langage hyperréaliste nest pas un système
clos et figé comme pourrait le laisser penser une lecture
simpliste et partisane.
Lécole
européenne : en marge dun certain réalisme
européen
Les artistes européens
nont pas participé à léclosion
du mouvement hyperréaliste.
Cette forme dart nest parvenue en Europe quaprès
avoir été manipulée, agrémentée
de commentaires et parée de qualificatifs : elle se disait
déjà radical réaliste, hyperréaliste
ou photoréaliste quand elle atteignit lEurope avec
la septième Biennale des jeunes artistes à Paris
en 1971, et la cinquième Documenta de Cassel en 1972.
Cette manifestation eut pour thème le réalisme
contemporain. Si Harald Szeemann, son organisateur, accueillit
sous ce titre une grande diversité duvres
dart, la contribution la plus remarquable fût toutefois
celle de lhyperréalisme américain.
Les artistes européens sont restés étrangers
à la genèse et au développement du photoréalisme.
Il serait absurde dès lors, dexiger que le réalisme
européen corresponde avec ce qui est américain
dorigine, comme il serait tout aussi absurde de fermer
les yeux sur un réalisme spécifiquement européen
qui est né et sest développé avec
autant dauthenticité, dans le contexte social, politique
et culturel qui est le sien.
Aux sources américaines de lhyperréalisme,
il serait totalement arbitraire de vouloir opposer, en ce qui
concerne les réalistes européens, des sources exclusivement
régionales. La circulation immédiate de linformation
sur les recherches artistiques a depuis longtemps rendu caduque
tout isolationnisme décole.
Entre 1964 et 1970 de nombreuses uvres plus ou moins liées
au Pop Art apparurent en Europe, rassemblées à
loccasion dexpositions à thèmes telles
que Mythologies quotidiennes (1964), la Figuration Narrative
dans lart contemporain (1965) ou Bande dessinée
et Figuration Narrative (1967).
Ainsi que le suggèrent ces intitulés, les Européens
utilisaient limagerie contemporaine comme point de départ
pour diverses formes dune figuration dite narrative qui
se différenciait nettement du courant pop des Etats-unis
ou de Grande-Bretagne, essentiellement statique et emblématique.
Parfois accusés dêtre cinématographiques,
publicitaires, dutiliser les codes de la bande dessinée
ou de céder à lanecdote, aucun de ces artistes
ne se résout à utiliser systématiquement
les techniques mécaniques de la reproduction; ils persistent
tous à travailler à la main. Ils ne se résignent
pas à laisser la peinture déserter le terrain des
images et à abandonner ce dernier tout entier aux media
de masse.
Mais même sils obéissent aux mêmes impératifs
techniques que les hyperréalistes, cette génération
dartistes européens a produit quantité duvres
qui bien que dinspiration photographique présentent
des prolongements philosophiques, politiques, moraux ou sentimentaux.
Hervé Télémaque, Valerio Adami, Jacques
Monory, Peter Klasen, Bernard Rancillac, Gudmundur Erro, Peter
Stampfli, Gilles Aillaud, Gerhard Richter, Equipo Chronica, Figuration
Critique ou le « Superhumanisme » des artistes de
la Nicolas Treadwell Gallery (Eric Scott, Paul Roberts, Graham
Dean
) sont représentatifs de ce courant
Ces peintres ont
généralement exposé des réticences,
voire une certaine condescendance, vis-à-vis de lhyperréalisme
américain.
A ce titre, il est donc plus adapté de parler de réalistes
européens.
Il a été souvent affirmé que les peintres
européens qui utilisent des techniques hyperréalistes
ne se contentent pas dun simple constat du monde environnant
mais en livrent une analyse subjective.
Ainsi ce ne serait
pas tant les images ou les objets qui les intéressent
que leur signification nécessairement critique, poétique
voire humoristique.Ainsi linterprétation du quotidien
que propose Richter, très grise, soppose au style
commercial du Pop.
Mais inversement
cest justement le coté commercial et superficiel
du Pop américain qui fascina certains peintres et intellectuels
français.
Le succès international des artistes américains
à partir de la fin des années 50 plongea le monde
de lart en France dans une crise face à laquelle
laméricanisation constituait une réponse.
Le Pop Art français( tout comme le Nouveau Réalisme)
se développa dans ce contexte, qui influença également
les tableaux que Jacques Monory peignit dans les années
Monory un des nombreux peintres français dont le travail
sinspirait de la photographie et du Pop Art américain,
était totalement imprégné de culture américaine.
Meurtre N°10/2(1968) par son échelle « américaine
» et son obsession de la surface à strates multiples,
est à cet égard très intéressant
et préfigure en fait certaines caractéristiques
de lhyperréalisme américain.
Certaines individualités peuvent dautre part être
rattachées de façon plus étroite au mouvement
photoréaliste même si celui-ci, dans sa version
européenne, na pas la même cohérence
que son homologue américain.
Linspiration est souvent photographique, la technique sans
faille mais le choix des thèmes, le travail sur les couleurs,
lombre et la lumière apportent une dimension poétique,
parfois mystérieuse aux uvres qui différencient
ces peintres des photoréalistes stricts.
Une illustration de la défiance constatée vis à
vis de lhyperréalisme américain, par les
artistes européens est illustrée par le texte de
Bernard Lamarche-Vadel qui sexprime ainsi à propos
de luvre de Jean Olivier Hucleux : « Sûre
malédiction et falsification feutrée de la tentative
de Hucleux donc, que de lavoir classée et la percevoir
encore sous la toiture de plomb de lhyperréalisme
: le peintre y voit avec raison une atténuation catastrophique
de son uvre pour au moins deux motifs relevant chacun du
paradoxe global du réalisme radical.
Dans sa version
américaine lhyperréalisme est encore et toujours
un art de transposition
Si la prétention manifeste
de lhyperréalisme est de restituer sur le mode de
ladhésion spontanée, la réalité,
alors les procédures de miniaturisation ou daggrandissement,
pour ne pas trop souligner les procédures purement stylistiques
de décentrement audacieux du cadrage, sont autant de distorsions
graves à lenjeu déclaré
le peintre
hyperréaliste est le pantographe minutieux et certes dénué
de tout esprit dune surface quil réplique
à la réussite brillante et close de la duplication
dun instantanné de lhyperréalisme,
Hucleux oppose la mélancolie européeenne dun
objet incommensurable à la conscience qui tente de se
lapproprier. Epuisante approche dune ressemblance,
dun ajustement, dune gémellité des
essences, de la puissance du double, pour autant quà
la réalité du référent des motifs
doit correspondre la réalité équivalente
dune présence ressuscitée par la représentation
»
Cest moins
au niveau des sources quau niveau du saisissement que les
artistes européens marquent leur profonde spécificité.
Certains se rapprochent de la tradition académique. Avec
une parfaite maîtrise technique, en particulier dans le
domaine du dessin, ils dressent linventaire de la vie quotidienne.
Tout dans leur travail peut être classé selon les
catégories traditionnelles telles que les enseignent les
écoles des Beaux-Arts : nature morte, nu, paysage
Cependant
si leur vision reste tributaire de celle des maîtres anciens,
elle traduit aussi, au niveau du sujet figuré, une inquiétude
moderne. Le moulin électrique ficelé dans du plastique
que Isabel Quintanilla place à coté dun lapin
écorché est un Christo involontaire.
Chez Bruno Schmeltz symbole et réel sont assemblés
dans des fresques alliant le mécanique à lanimal,
le minéral à lhomme. Des personnages bien
contemporains prennent place dans des décors intemporels.
Tout aussi spectaculaires par leur éxécution, les
autoportraits de Sandorfi rejoignent certaines manifestations
de body art.
On pense aussi à Claudio Bravo, Christopher Hamon Cheung,
Claude Yvel, ou Michael Leonard.
Chez dautres la technique, bien que parfaite, est moins
académique et les sujets définitivement contemporains
: Pierre Barraya, Lillo Bellomo, Jacques Bodin, Chan Kin Chang,
Jacques Detrait, Ronald Bowen, Franz Gertsch, Jean Olivier Hucleux,
Georges Mimiague, Baldomero Pestana, Gérard Schlosser,
et plus récemment Gottfried Helnwein ou Frank Bauer.
On est chez eux généralement loin des thèmes
traditionnels de lhyperréalisme américain
ce qui nest pas le cas chez Gregory Pelizzari ou François
Bricq plus proches du photoréalisme radical.
Il existe en fait en Europe autant de réalismes quil
y a de peintres, chacun contribuant à travers sa vision
personnelle, dans un style qui lui est propre à une définition
du réel.
Sil semble
aventureux de rallier ces artistes sous une bannière commune
et improbable dun hyperréalisme européen,
il faut leur reconnaître une sensibilité et une
technique très proche de celles des artistes américains.
Un
autre monde
Lhyperréalisme
a trouvé un écho chez certains peintres du Sud
Est asiatique une dizaine dannées après son
explosion aux Etats-unis. Ceci permet dexpliquer que la
nature des thèmes traités par ces artistes diffère
de celle abordée par les artistes américains de
la première génération.
Cest moins laspect visuel de lentourage quotidien
et urbain qui retient leur attention que laspect tactile
des éléments.
Ainsi Tschang Yseul Kim qui reproduit des gouttes deau,
Kim ChangYoung qui sintéresse aux empreintes
de pas dans le sable ou bien encore Ko Young-Hoon qui reproduit
des pierres posées sur des pages décriture.
Dautres artistes sont plus proches dun hyperréalisme
orthodoxe tels Hilo Chen, Chan Kin Chung ou Christopher Hamon
Cheung.
Ces derniers sont venus exercer leur talent aux Etats-unis ou
en Europe.
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